Les SHOGO  sont sous la responsabilité du Directoire Technique Européen et du président de la FEKAMT, ainsi que de membres de jurys qui pourront être sélectionnés  pour leur compétences et le rayonnement dans les sujets développés à partir des  SHOGO de niveau KYOSHI et HANSHI.


RÈGLEMENT des SHOGO à la F.E.K.A.M.T.

 (Pour ceux qui veulent transmettre la tradition…Titres en arts martiaux développés à l’origine par le Dai Nippon Butoku Kai, puis repris par diverses fédérations internationales).

 

Historique :

Shogo est le nom des titres « Honorables ou de Maîtrise » mis en place en 1902, par la Dai Nippon Butoku Kai (DNBK : Association des vertus martiales du grand Japon), créée en 1895 à Kyoto dans le but de sauvegarder les arts martiaux anciens et de promouvoir les arts martiaux modernes ; avec l’appui de l’Empereur Meiji et sous la houlette du Ministère de l’Education Publique. Les Shogo viennent alors en complément des grades « Dan » mis en place par M° Kano (Dans l’esprit des pratiquants d’arts martiaux japonais, ces titres prévalurent toujours sur les grades « Dan »).

Se basant sur l’ancien système des Menkyo  composé de 3 échelons et d’une équivalence de Dan, furent alors reconnus : Seirensho qui deviendra Renshi à partir de 1928 (5°- 6° Dan) – Kyoshi qui a été appelé pendant quelques temps Tashi (7°- 8°Dan) – Hanshi (9°- 10° Dan) ; et en 1903, 11 Kyoshi/Hanshi furent décernés.

Ensuite, pour le Karate par exemple: Chojun Miyagi fondateur du Karate Goju Ryu reçut le titre de Kyoshi en 1935… Hironori Otsuka fondateur du Karate Wado Ryu reçut le titre de Renshi en 1938 (puis le titre de Kyoshi en 1942)… Funakoshi Gichin fondateur du Karate Shotokan Ryu et Kenwa Mabuni fondateur du Karate Shito Ryu reçurent le titre de Renshi en 1939… Yasuhiro Konishi et Sannosuke Uejima reçurent le titre de Kyoshi en 1941… Tous ces maîtres du Budo instruisaient alors au Butokuden (le Dojo du Butokukai) et dans les écoles militaires…

Après la capitulation du Japon, en 1945, la DNBK fut dissoute par le général Mac Arthur.

 

Les Titres : 

RENSHI (de Ren pour assiduité, Neru pour Entrainer… et Shi pour Gentilhomme, mais aussi de Renchokupour  homme droit, expert, instruit). Un Renshi est donc un Instructeur. Son titre équivalait à celui de Bachelier en Art Martial ou de Licencié en philosophie. Il est généralement 5° Dan. Son porteur se doit d’afficher une rectitude mentale et comportementale, et avec ce niveau, dans son Ryu, il était appelé Sensei.

KYOSHI (de Kyo pour enseigner, instruire, professeur… et Shi pour Gentilhomme). Un Kyoshi est donc le Professeur qui offre toutes ses connaissances avec sincérité. Son titre équivaut à celui de Maîtrise en philosophie. Il est généralement 6° Dan depuis au moins deux ans, et plutôt 7°.Il doit alors faire preuve d’une certaine recherche dans la technique et la tradition martiale.

HANSHI (de Han pour exemple, modèle, référence, exemple à suivre… et Shi pour  Gentilhomme). C’est celui qui doit conduire chacun à faire plus qu’il ne peut, celui qui crée. Ce titre représente l’aboutissement d’une vie entièrement tournée et dédié à la vocation d’enseigner. C’est aussi un expert considéré comme Professeur des professeurspour un titre équivalent à celui de Dr. en Philosophie. Il est alors appelé : Maître (titre réservé aux enseignants pouvant conduire les élèves vers les plus hauts sommets spirituels). Au Japon il faut avoir plus de 56 ans (8X7), être 8° ou 9° Dan et déjà titulaire du titre de Kyoshi. 

Fut adjoint un titre exceptionnel : MEIJIN (plus tout à fait un homme, pas encore un Dieu… de Mei pour célèbre, grand, réputé, remarquable, exceptionnel… et Jin pour homme). Pour ce, il faut le 10° Dan, avoir au moins 70 ans (10X7) et avoir être nommé par le Comité des Hanshi. C’est l’équivalent de titre de « Grand Maître » (O Sensei). C’est l’aboutissement de toute une existence dédiée et sacrifiée à l’art, associant parfois la notion d’être divin, image symbolique pour mieux faire comprendre la valeur et la richesse de celui qui détient ce titre honorable. Souvent donné à titre posthume dans les Koryu du Japon ancien comme dans les arts martiaux modernes, tous les Meijin étaient 10e dan, mais, tous les 10e dan n’étaient pas Meijin! 

 

Note :

En 1952, le Traité de San Francisco rétabli la souveraineté du Japon, et la DNBK renaît sous une nouvelle charte et une nouvelle philosophie…

Dans le même esprit est fondée à la même époque : L’International Martial Arts Federation (IMAF), en japonais : Kokusai Budoin Kokusai Budo Renmei, auquel les membres de la famille impériale délèguent alors le pouvoir de délivrer les titres : RenshiKyoshiHanshi et Meijin….

D’autres organismes décernèrent ensuite ces Shogo (mais sans l’aval de la Maison Impériale), selon les standards académiques de n’importe quel jury de thèse international (mémoire, soutenance, formalisme et déférence à l’égard des Jurys, etc…), comme Nippon Seibukan Academy – World Shitoryu Karate do Federation (WSKF) – Yudansha Jujutsu Federation Honbu – Yudansha Kobujutsu Karatedo Federation – Europeen Budo Union – Okinawa Kojo Ryu Koshinkan Karate and Kobudo Association… et quelques autres.

Tous ces Shogo sont alors présentés aux Jury, sous la forme d’un mémoire pour le niveau « RENSHI », mémoire développé plus avant pour le niveau « KYOSHI », sous la forme d’une thèse pour le niveau « HANSHI ». Des travaux qui peuvent englober les dimensions historiques, techniques, scientifiques, philosophiques, sociologiques et/ou éthiques des dits Arts Martiaux. Des Shogo, qu’il étaittraditionnel, d’encadrer et d’accrocher au mur du Dojo, non pas pour étaler son ego ou/et son savoir, mais pour se « souvenir », se rappeler à l’ordre de la responsabilité que l’on avait par rapport à ce titre, à son maître, à son école, à ses élèves. C’est ce qui faisait la différence entre l’art martial et le sport !

 

Textes officiels FEKAMT :

« Les SHOGO avec un contenu uniquement Budo, Bujutsu, Karate Jutsu, etc., permettrait à nos professeurs de se prévaloir d’un titre autrement plus martial et traditionnel qu’un brevet d’état. Ces titres seraient une illustration de l’évolution (Shu, Ha, Ri, Mushin) du professeur et autres pratiquants » HANSHI Gruss.

Un niveau ne peut être conféré qu’en fonction de 3 critères: CONSCIENCE, COMPETENCE, CONNAISSANCE.

  • CONSCIENCE : Demander un changement de niveau, procède, pour le « Postulant à évaluation », d’une prise de  conscience personnelle, réaliste et modeste, de l’étape à laquelle il estime être arrivé (SHU, HA, RI, MUSHIN ).
  • COMPÉTENCE : Cela demande l’accord objectif et non indulgent, des « Parrains » Sempai », « Kancho » et « Doshu », qui engagent leur responsabilité quant à la compétence du « Postulant à évaluation », lui permettant ainsi d’être digne des obligations dues à son « titre ».
  • CONNAISSANCE : Cela signifie que le « Postulant à évaluation », maîtrise totalement le savoir relatif au contenu des évaluations. En aucun cas on ne requiert un niveau comme un « droit » ou un « dû ». De la même façon se présenter à une évaluation ne doit pas être une démarche aléatoire, « pour VOIR » ou « pour tenter sa CHANCE ».

PORTER UN TITRE IMPLIQUE AVANT TOUT DES DEVOIRS.

Les titres RenshiKyoshi et Hanshi représentent des niveaux de connaissances mais aussi des aptitudes à l’enseignement d’un niveau supérieur ainsi :

Pour obtenir le diplôme de  Renshi  (qui pourra être présenté à partir du 5° Dan), le postulant devra présenter et soutenir un mémoire sur ses connaissances techniques et historiques de son style. Il va sans dire que l’acquisition de ce diplôme nécessite un savoir-faire, une habilité, une intelligence et une érudition gestuelle dans le domaine des Waza et de leurs applications en combat (à ne pas confondre avec compétitions ou assauts sportifs).

Pour le titre de Kyoshi (qui pourra être présenté à partir du 6° Dan), le postulant devra présenter et soutenir un mémoire, ou, en plus des connaissances spécifiques de son style, il devra démontrer une connaissance approfondie de l’art et de la science du combat (tactique, psychologie, compréhension du rythme, cadence etc…), comme une connaissance élargie sur les autres écoles et styles.

Pour le titre de Hanshi (qui pourra être présenté à partir du 8° Dan) le postulant aura toute liberté de présenter une approche particulière et personnelle de son art, tant dans son expression « externe » que dans ses implications  « Internes »…

La commission qui évalue les postulants à l’un de ces niveaux est composée des plus hauts gradés de la FEKAMT.

 

Demande d’inscription au SHOGO

Procédure à actualiser :

  1. Le candidat formule une demande d’inscription de SHOGO auprès du Directoire Technique Européen et du Président de la FEKAMT
  2. Si acceptation…  la date et la composition des membres du jury de soutenance publique sont communiquées au candidat. Le jury se composant à minima :
    • Du Président du Jury : Le président de la FEKAMT
    • D’au moins 2 membres du  DTE
    • D’Éventuellement une ou plusieurs personnalité(s) spécifique(s) au sujet traité…
  3. Remise du mémoire pour chaque membre du jury et un pour les archives de la FEKAMT, en recto simple 1 mois avant la date de la soutenance.
  4. Soutenance publique devant les membres du Jury et tout autre membre de la FEKAMT qui en formulerait la demande.

Mémoire de Renshi :

Document permettant d’exposer son opinion concernant un sujet donné en s’appuyant logiquement sur une série de faits pour en arriver à une recommandation ou une conclusion. Ce document se veut habituellement court et incisif, il signifie simplement qu’on écrit un texte explicatif qui va exposer une idée, il sert à éclairer le lecteur sur un point précis. Le terme de mémoire couramment employé, répond bien au sujet : Exposer un fait, une recherche, dans un format relativement réduit.

 

Mémoire de Kyoshi :

La poursuite du travail entrepris, implique pour le candidat la rédaction d’un second mémoire (celui-ci est souvent l’étude de faisabilité d’une thèse qu’il présentera pour le Hanshi). Il est plus riche dans son format et dans ses propositions. Il comprend aussi la description des sources qui vont permettre le futur travail de cette thèse, la bibliographie nécessaire, l’exposé de la problématique…

 

Thèse de Hanshi :

Une thèse (du nom grec thesis pour  « action de poser ») est une affirmation généralement soutenue par un ensemble organisé d’hypothèses, d’arguments et de conclusions. Il s’agit donc de la position d’un auteur, d’une école, d’une doctrine ou d’un mouvement sur un sujet donné. Il est généralement exposé de manière détaillée sous forme écrite, par exemple dans un Essai ou un Canon. En règle générale, la thèse représente un travail de recherche de beaucoup plus grande ampleur que le mémoire.

 

Soutenance du Mémoire ou de la Thèse :

Il s’agit d’un examen oral, prenant la forme d’une présentation effectuée par le candidat au titre demandé, durant laquelle il expose ses travaux devant le jury défini plus haut, auxquels le candidat a préalablement soumis un compte-rendu écrit de ses travaux. C’est sur la base de ce document écrit et de la présentation orale que le jury donne son accord ou non, pour l’attribution du titre demandé, ainsi que d’éventuelles mentions honorifiques. Il est exceptionnel que le titre demandé soit refusé à un candidat qui a été admis à soutenir sa thèse ou son mémoire.

 

 Dépôt du mémoire ou de la Thèse :

La Commission des SHOGO  ayant accepté la demande du Postulant à évaluation, lui indique alors la date et la composition des membres du jury de soutenance publique. Le Postulant  enverra donc son manuscrit aux membres du jury 4 semaines avant la soutenance, afin que ceux-ci aient le temps de le consulter et d’émettre un avis.
Si l’avis est positif, la commission émet l’autorisation de soutenance, laquelle peut inclure les remarques et les questions destinées au Postulant à évaluation (qui a alors l’opportunité d’inclure des corrections adéquates avant l’évaluation). La date de soutenance est alors validée et rendue publique.

 

Jury de Soutenance :

Il est désigné par le Président de la FEKAMT après avis de la commission des SHOGO. Il comprend entre 3 et 6 membres , choisis en raison de leurs compétences et connaissances dans le domaine des arts martiaux. Le président du jury commence par présenter au public les différents membres du jury, puis donne la parole au Postulant à évaluation, en l’invitant à présenter les résultats de ses recherches. Celui-ci présente alors ses travaux, en principe sans interruption. Traditionnellement, le public ne doit pas applaudir à la fin de l’exposé. À l’issue de l’exposé oral, le Président du jury donne la parole tour à tour aux différents membres du jury, et ceux-ci posent leur(s) questions au Postulant à évaluation. La durée de la soutenance est variable, généralement l’exposé a une durée de 45 min, et la session de questions/réponses au moins autant. Au total, la soutenance dure généralement moins de deux heures, hors délibération du jury.

 

Délibération du jury :

Lorsque la présentation orale est terminée et qu’il n’y a plus de questions, le président du jury annonce que celui-ci se retire pour délibérer. Après la délibération, le jury doit rédiger le rapport de soutenance, qui sera contresigné ensuite par l’ensemble des membres du jury.

Soit il a été décidé de l’admission et de la mention associée au diplôme (« honorable », « très honorable » ou « très honorable avec les félicitations du jury »), et l’autorisation de publication est alors donnée. Soit il a été décidé de l’ajournement.

Pour conférer le Shogo demandé, le jury a porté un jugement sur le fond comme sur la forme (sur la qualité du manuscrit, sur la présentation orale, sur la maîtrise dans les discussions suivant la soutenance, sur l’aptitude à les situer dans leur contexte et sur les qualités générales d’exposition).

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