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Qu'est-ce que l'Aïkido ?

 

Beaucoup de ce que nous nommerons des « responsables » disent que « l'Aïkido ne s'explique pas, mais qu'il se pratique » . C'est sans compter sur la naturelle curiosité de ceux qui souhaitent savoir ce qu'ils vont affronter dans un club, un dojo. Juste question de celui ou celle qui voudrait commencer à pratiquer l'Aïkido. Souvent, il est dit aussi que « commencer l'Aïkido, c'est commencer une nouvelle vie, étudier une Discipline pour laquelle une, deux ou même plusieurs vies, ne suffiraient pas. »

Devons nous systématiquement lancer de telles affirmations au « tout nouveau débutant » ? Car nous devons toujours avoir en tête que nous restons d'éternels débutants ! Pour ma part, je ne le crois pas. Loin de vouloir engranger des licences « pour sa chapelle » qui voit des départs et des arrivées d'élèves aux besoins multiples ou « pour faire plaisir aux responsables », hôtes du club ou de la section aïkido, il me semble plus juste de dire : « Soyez les bienvenus parmi nous. Vous entamez une étude qui pourrait être très longue, porteuse d'énormes satisfactions, prenante. Elle vous donnera tout ce que vous souhaitez, tout ce que vous recherchez, à hauteur de votre propre investissement, moral, mental et physique. Sachez aussi, que rien n'est gratuit car il vous faudra également donner du temps, de la sueur, du travail, de la douleur ».

L'AIKIDO se révèle le plus philosophique des Arts martiaux. Son Fondateur, Maître Morihei UESHIBA disait à ses disciples, à ses élèves, « sans philosophie, pas d'aïkido ». Cette discipline, créée par cet homme remarquable, philosophe, humaniste, guerrier, artiste, que fut Morihei Ueshiba, comprend maintenant des milliers de pratiquants dans le monde entier. Il est évident que depuis sa création, les « sensibilités », les « écoles », les « styles » sont nombreux, comme le sont les « maîtres », les « héritiers », les « enseignants ».

Mais avant de devenir « philosophe », il faut de nombreuses années de pratique, d'expériences concrètes, variées, d'entraînements longs, durs, d'études théoriques, de déplacements proches ou lointains, pour étudier auprès d'un ou plusieurs maîtres, pour comprendre les techniques, les mentalités, les subtilités, les qualités comme les défauts . Bref, il est plus simple de dire qu'il faut « vivre intensément, car l'Aïkido, c'est la Vie ! » C'est une dynamique centrée sur l'homme, sur l'harmonie, la paix et la force spirituelle.

Pour pratiquer l'Aïkido, il faut comprendre que nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres. Il faut être reconnaissant envers ceux qui nous nourrissent, nous bâtissent des maisons et construisent des routes, ceux qui nous paient un salaire, ceux qui nous aident comme ceux qui nous détestent. Ceux qui nous aiment, ceux que nous combattons, ceux avec qui nous nous entraînons. Maître UESHIBA disait : « - Je n'ai pas réellement d'élèves, vous êtes mes amis et j'apprends de vous. C'est parce que vous vous entraînez dur que j'en suis arrivé aussi loin. Je vous suis toujours reconnaissant de vos efforts et de votre coopération. ».

Les vertus prônées par les Arts Martiaux Traditionnels, par l'aïkido qui est une discipline contemporaine, ne peuvent être mises à l'épreuve que si elles se mesurent à la cruauté, la violence, la haine et le mensonge. Notre société y est hélas, fortement confrontée, et la pratique de l'aïkido pourrait sans doute aider à surmonter ces calamités. A faire en sorte qu'au travers de sa pratique, les générations à venir construisent un monde de Paix, de Sagesse.

Etudier l'Aïkido, c'est plonger totalement dans la pratique. Maîtriser un art, quel qu'il soit, c'est s'engager à travailler sur le long terme, à l'infini. Un médecin doit suivre en permanence l'évolution de la médecine, un peintre recherche toujours la couleur ultime, un photographe la lumière la plus parfaite. Mais il faut savoir aussi que souvent, l'échec est la clef du succès, chaque erreur donnant une bonne leçon. « Dix fois tombé, onze fois debout », « Tout ce qui ne me tue pas, me renforce » . Combien d'autres maximes de ce genre trouvons nous dans les écrits.

Etudier l'Aïkido, discipline martiale majeure, praticable par toutes et tous, jeunes et moins jeunes, calmes ou dynamiques, c'est « Masakatsu Agatsu Katsu Hayahi » qui pourrait se traduire par « la vraie victoire, c'est la victoire sur soi, ici et maintenant »

Etudier l'Aïkido, pour les cartésiens, c'est « combattre » à main nues, avec des armes (sabre ou boken, poignard ou tanto, bâton ou jo, le tout en bois !), debout, à genoux, contre un ou plusieurs partenaires. Il y a des grades, des titres, sans aucune compétition mais après un profond travail technique et de réflexion.

L'ENTRAINEMENT, le TRAVAIL .

 

Le but ultime du Budo, des arts martiaux traditionnels est de parvenir à se « bonifier », devenant un être socialement intégré, capable de par ses facultés et sa sagesse, de contribuer à aplanir toutes les difficultés rencontrées. Objectif très ambitieux s'il est pris à la lettre, certes, mais pourquoi pas ?

Mais il n'est pas commun, sinon rare, de philosopher dans un club d'aïkido et encore plus dans un Dojo. Il est surtout demandé à l'étudiant de maîtriser une technique, un déplacement, un équilibre, une respiration concentrée, une rigoureuse harmonie de travail avec son partenaire. Le pratiquant doit s'entraîner en permanence à « absorber » le mouvement de son partenaire, à « communier » avec lui et orienter ainsi l'énergie de son assaut dans d'autres directions, l'amenant à un déséquilibre favorisant sa « défense », tout en restant bien stable, bien « centré » sur lui-même.

En aïkido, les techniques se travaillent avec un ou plusieurs partenaires, chacun attaquant l'autre à tour de rôle, cherchant communément la perfection dans les techniques préalablement étudiées. La base de l'enseignement n'est en fait qu'une répétition incessante des mouvements appris, connus. Il n'y a ni vainqueur ni vaincu mais des partenaires partageant un travail, s'aidant mutuellement en respectant leur niveau technique (qui peut être différent). Aussi spectaculaire soient-elles pour un novice ou pour un observateur extérieur, la « roulade » ou la « chute » font partie intégrante de l'enseignement de l'Aïki. Contrairement aux autres disciplines, elles ne sont jamais une défaite, mais une possibilité de « relance ». Mais il est également vrai que ces « roulades et chutes » ne sont pas obligatoires ! L'aiki permet le travail dans de multiples situations permettant, à un certain niveau, de pratiquer contre un, deux, trois, voir plusieurs partenaires .

Selon le niveau de Tori (celui qui exécute la technique) et le but de la séance, Aïte (l'attaquant qui subit) offre un degré de « résistance ». Tori peut ainsi développer souplesse, puissance et mobilité dans l'exécution des techniques. Cependant, il faut admettre que Aïte ne doit jamais « bloquer » le travail de Tori. D'une part, cela serait contraire au principe d'entraide dans le travail effectué, d'autre part, cela pourrait s'avérer dangereux sur des techniques à l'efficacité prouvée.

Il est vrai que cette volonté de non résistance donne l'impression au néophyte non averti que la technique est le résultat d'une complaisance. En réalité, il faut comprendre que le corps est soumis à des étirements et des torsions quelques fois à la limite de l'acceptation.

Au cours de leurs entraînements, les pratiquants doivent réduire les risques de blessures, tout en combinant des actions de plus en plus réalistes selon leur niveau de connaissance. C'est pourquoi il est impératif de travailler sous la conduite d'enseignants expérimentés et d'appliquer parfaitement toutes les recommandations formulées par ces derniers.

L'Aïkido étant plus « culturel » que sportif, il n'est pas nécessaire d'avoir une qualité physique extraordinaire. Il est admis que la pratique régulière de cette discipline apporte cependant une bien meilleure tonicité musculaire, une réelle souplesse des articulations, sans créer le moindre déséquilibre du corps. Ceci est dû à l'application des techniques à droite comme à gauche. Par ailleurs, comme dans toutes les disciplines martiales, l'Aïkido débute par des « mouvements préparatoires » alors que l'échauffement a déjà été effectué.

Par son principe de « non opposition » exceptionnel, l'Aïkido ne nécessite aucune force physique pour la réalisation des techniques. Celles ci sont particulièrement « vivantes », dynamiques et chacun peut y travailler selon ses propres capacités. C'est ainsi que tout un chacun, homme et femme, adulte ou adolescent, enfant ou « senior », peut s'adonner à cette discipline martiale traditionnelle exempte de compétitions. Une condition incontournable tout même : l'obtention préalable d'un certificat médical précisant « aucune contre indication à la pratique de l'aïkido », certificat qui serait délivré par le médecin traitant ou encore par un organisme de médecine du sport. Il ne faut pas oublier que l'AIKIDO reste un art martial majeur avec ses risques !

Il faut retenir que la pratique régulière de l'Aïkido, discipline morale (Shin), technique (Gi) et physique (Tai), favorise un épanouissement spirituel, une grande maîtrise de soi ainsi qu'une forme physique générale harmonieuse.

Morihei UESHIBA : Les fondements de l'Aïkido .

Morihei UESHIBA est né le 14 Décembre 1883 à Tanabe, Préfecture de Wakayama. Il est le quatrième enfant et fils aîné de Yoroku Ueshiba, fermier estimé qui siégea au Conseil Municipal local durant 20 ans. Sa mère, Yuki Itokawa, venait d'une famille de propriétaires terriens d'ascendance noble

A sept ans, Morihei est envoyé à Jizodera, temple bouddhiste proche de la secte Shingon, pour y étudier les classiques du Confucianisme et les écrits bouddhistes. Il se passionne alors pour les écrits du moine Kobo Daishi le Vénérable. Déjà, il commence à faire certains rêves et son père Yoroku , inquiet pour sa propension marquée pour le monde de l'esprit, lui enseigne alors le Sumo et la natation.

A 13 ans, avec un diplôme de l'Ecole Primaire Supérieure, Morihei entre au tout nouveau Cours Moyen de la Préfecture de Tanabe. Il a la possibilité d'entrer à l'Institut Abacus de Yoshida y achevant ses études. Peu après, il trouve un travail à l'office des Impôts de Tanabe, service des revenus fonciers.

En 1902, après quelques péripéties politico-commericale et une crise de béribéri, il quitte Tokyo pour se réfugier à Tanabe, et épouse Hitsu Itokawa (née en 1881), une amie d'enfance. C'est au cours de ce séjour à Tokyo que Morihei débuta réellement l'étude des arts martiaux par le JuJutsu et le KenJutsu.

En 1903, il est incorporé dans la 4ème Division d'Osaka. Il est surnommé le « Dieu des Soldats » pour sa détermination et son honnêteté au travail, son habilité à la baïonnette. Parti au front comme caporal, il en revient sergent. Au cours de ses temps libres, il s'entraîne à Sakai, au dojo de Masakatsu Nakai, étudiant l'Ecole Goto du Yagu Ryu JuJutsu.

Libéré du service militaire en 1907, de retour à Tanabe, il travaille à la ferme familiale et participe à la vie du village. Profitant d'une visite du judoka Kiyoichi TAGAKI, son père Yoroku Ueshiba souhaitant le voir pratiquer le Judo Kodokan, transforme une grange en dojo. Cela n'empêcha pas Morihei Ueshiba de se rendre régulièrement au dojo de Sakai où il reçu le diplôme de l'Ecole Goto. Il reste à Tanabe où il se lance dans de nombreuses activités.

Sa fille Matsuko vient de naître en 1910, et il commence à s'intéresser à un projet de colonie dans l'île d'Hokkaido. Il constitue un groupe de 54 familles de colons que l'on appelle le groupe Kishu et en Mai 1912, ils arrivent au lieu-dit Shirataki, près du village de Yobetsu. Le groupe parvint contre toutes les difficultés à fonder le village qui porte encore le nom de Shirataki. Morihei Ueshiba est au cour de toutes les grandes réalisations : exploitation du bois, construction d'une rue marchande, création d'une école, améliorations des conditions de vie . C'est au cours de cette période qu'il fit la connaissance de Sokaku TAKEDA, le célèbre Maître du DAITO Ryu. Il s'entraîne intensément avec lui et obtient rapidement un certificat de Daito-Ryu JuJutsu.

Le 23 Mai 1917, après une expansion extraordinaire, le village de Shirataki subit un terrible incendie qui le détruit totalement. Au printemps suivant, Morihei s'occupe de la reconstruction du village et en Juillet de la même année, son fils aîné Takamori vient au monde (juillet 1918). Mi-novembre 1919, il abandonne Hokkaido pour rejoindre son père gravement malade et met fin à une fabuleuse aventure de huit années. Sur le retour, Morihei apprend que Onisaburo Deguchi, Maître de la secte Omoto-kyo en pleine expansion et célèbre pour son Chikon Kishin (technique de méditation, ascèse mentale permettant d'atteindre la sérénité) se trouve près de Ayabe. Il se rend près de lui et reste à ses côtés jusqu'au 28 Décembre . Il demande à Onisaburo de prier pour son père et ce dernier lui répond : « Votre père est très bien comme il est ». Ces mots firent sur lui une impression profonde.

Yoroku Ueshiba décède le 2 Janvier 1920, âgé de 76 ans, portant un rude coup à Morihei et ouvrant une confusion intérieure et une instabilité émotionnelle. Il rejoint alors Onisaburo Deguchi avec toute sa famille à Ayabe et pendant huit ans, il logea dans l'enceinte sacrée du Omoto-kyo, dans un tout petit logement. Il a la confiance absolue du Maître et participe à de nombreux exercices et pratiques spirituelles. Très rapidement, avec l'accord du Maître, il transforme une partie de sa propre habitation en dojo avec 18 nattes de paille (tatami), ouvrant son « Académie ueshiba » où il enseigne l'aïkido aux adeptes de l'Omoto-kyo.

Morihei UESHIBA ne sera pas épargné par la vie. Il perd ses deux fils emportés par la maladie. Takemori en août 1921 et en septembre, Kuniharu, né en 1920.

L'enseignement dispensé à l'Académie UESHIBA fut bientôt reconnu et il se disait qu'il y avait là un Maître exceptionnel en arts martiaux. Le nombre d'élèves, adeptes de la secte, augmente rapidement et les soldats de la base maritime proche de Maizuru s'y intéressent à leur tout. Le 11 février 1921, les autorités décident de supprimer la secte, arrêtant Onisaburo et cela n'a heureusement aucune incidence sur l'Académie UESHIBA déjà fort connue.

L'année 1921 vit aussi la naissance de son fils Kisshomaru UESHIBA.

Les deux années suivantes, il s'occupe de Onisaburo (libéré sous caution), exploite une terre dans le pays de Tennodaira et continue d'enseigner à l'Académie Ueshiba. La pratique de Morihei devient plus spirituelle, absorbant l'étude du Kotodama et s'éloigne du Yagu-Ryu et Daito-ryu Jujutsu. Il brise les barrières entre l'esprit, l'âme et le corps. En 1922, cette synthèse est nommée Aiki-bujutsu et sera connue du public, comme Ueshiba-ryu aiki-bujutsu.

Le 13 Février 1924, date cruciale pour Morihei Ueshiba qui quitte Ayabe avec Onisaburo Deguchi, pour la Mandchourie et la Mongolie, pour y établir un état nouveau, un lieu sanctifié guidé par les préceptes religieux et la lumière de l'Esprit.

Aventure qui tourne en catastrophe. Le 20 juin 1924, victimes d'un complot, Morihei Ueshiba, Onisaburo Deguchi et quatre autres personnes sont condamnés à morts par les chinois qui les ont capturés. Ils ne doivent leurs vies qu'à l'intervention d'un membre du Consulat japonais qui obtient leur libération et les rapatrie au Japon. Morihei essaie alors de reprendre son mode de vie précédent.

Il partage son enseignement avec le travail à la ferme et s'intéresse au Sojutsu (technique de la lance), continuant un travail intensif au sabre et au JuJutsu. Marqués par ses expériences face à la mort, il se découvre des moments intenses de capacité intuitive, forces spirituelles qui lui apparurent de plus en plus fréquemment. Il visualisait les flammes des tirs d'armes à feu, des trajectoire des balles.

Ainsi, printemps 1925, il rencontre un officier de marine, maître de kendo qui le défie. Il accepte et gagne sans combattre, prévoyant à chaque fois la trajectoire des coups. Tout de suite après le duel, il va se rafraîchir près d'un puits avec un étrange sentiment de paix et de sérénité. Il lui semble alors qu'il baigne dans un nimbe de lumière dorée descendue du ciel. Son corps et son esprit devenant de l'or. Cette expérience unique, intense, fut son Satori, sa révélation personnelle. Dès lors, il comprit tous les principes philosophiques sur lesquels l'aïkido est fondé. De ce jour, il désigne son art comme Aïki-budo plutôt que Aïki-bujutsu, passant de « Technique Martiale de l'Aïki » à la « Voie Martiale de l'Aïki ».

Il commence à toucher un autre public attirant des adeptes célèbres. L'Amiral Isamu Takeshita invita ainsi Morihei Ueshiba à Tokyo à la fin de l'année 1925. Il séjourne alors à la résidence de l'ancien Premier Ministre Gombei Yamamoto, fait quelques démonstrations de son art devant de nombreuses autorités qu'il impressionne formidablement. Son séjour, longtemps prolongé, ne fut interrompu encore une fois qu'à cause de la maladie et il retourne à Tanabe.

En Février 1927, l'Amiral Isamu Takeshita l'invite à nouveau. La solution ne fait aucun doute et pour la troisième fois, avec l'assentiment de Onisaburo Deguchi, il s'établit définitivement à Tokyo pour se consacrer à l'enseignement des Arts Martiaux.

Après deux années de logements temporaires, il s'installe dans une maison proche du Temple Sengaku à Kuruma-Cho, transforme une chambre de 28 tatamis en dojo. Il compte parmi ses élèves de l'époque : Isamu Fujita, Shoyo Matsui, Kaizan Nakazato et l'acteur Kabuki, Kikugoro Ennosuke VI !

En 1930, il obtient une villa à Ushigome dans le Wakamatsu-Cho et débute la construction d'un nouveau dojo. En attendant, il établit une salle de fortune à Meijirodai où, en Octobre, il est visité par Jigoro Kano, créateur du Judo, Maître du Kodokan. Jigoro Kano est très impressionné par le travail de Morihei et le félicité chaleureusement en lui disant : « Vous avez réalisé mon idéal du Budo » et il lui confie deux de ses élèves : Jiro Takeda et Minoru Mochizuki !

Toujours en 1930, il reçoit la visite du Major Général Makoto MIURA qui est particulièrement sceptique quant à ce nouveau Budo et qui souhaitait ridiculiser Morihei. Ce dernier lui fait si bien comprendre son erreur de jugement, qu'il devient son élève ! Dans le même temps, à la demande de MIURA, Morihei devient instructeur à l'Académie Militaire de Toyama.

En Avril 1931, un dojo aïki-budo de 80 tatamis appelé KOBUKAN est établi dans le Wakamatsu-Cho, à l'endroit même où se tient l'actuel dojo principal. Il y eut de nombreuses nouvelles adhésions telles que celles de : Hisao KAMATA, Kaoru FUNABASHI, Rinjiro SHIRATA . ce furent dix années d'une période faste. Et c'est là que le Kobukan prit la réputation du « Dojo de l'Enfer » par l'intensité extraordinaire des entraînements suivis.

Morihei travaille beaucoup dans les années qui suivent, enseignant au Kobukan comme dans d'autres dojo de Tokyo ou Osaka : Dojo OTSUKA à Koishikawa, Dojo Fujimi-Cho à Lidabashi ou encore les dojo Sonezaki, Chausayama et Suida à Osaka. Morihei enseigna aussi dans les postes de police de la Région de Osaka sur la recommandation de l'un de ses adeptes : Kenji TOMITA, chef de la préfecture de Police de Osaka, ex-Gouverneur de la Préfecture de Nagano.

Toujours au cours de cette période, les futurs maîtres Gozo SHIODA, Zenzaburo AKAZAWA et Tetsumi HOSHI furent ses uchi deshi (élèves en internat). A toutes ses activités, il faut ajouter des cours donnés devant ses élèves des clubs de Presse Asahi à Osaka, souvent par l'entremise du Club du Japon Industriel. Il était aussi très demandé dans le monde de la finance.

En 1932, il est fondé la Société pour la Promotion des Arts Martiaux Japonais et en 1933, Morihei en devient le Président. Le dojo TAKEDA est établi en mai dans la Préfecture de Hyogo et permet l'entraînement à plein temps. Des dizaines de pratiquants vivent là et y travaillent l'idéal du Fondateur : lier les arts martiaux et la culture de la terre.

Vers le milieu des années 30, Morihei est devenu célèbre. Plus que par sa maîtrise des arts martiaux, il attire l'attention du public par sa conception de l'union de l'esprit, de la pensée et du corps qu'il tente de mettre en application dans son école. Au cours de cette période, il pratique intensément le kendo au dojo Kobukan et de nombreux élèves fréquentent le lieu comme Kiyoshi NAKAKURA qui deviendra son gendre en 1932.

En 1939, au mois de Septembre, Morihei est invité en Mandchourie pour y faire une démonstration publique. Il est opposé à l'ancien lutteur Sumo TENRYU et il le cloue au sol d'un seul doigt. Par la suite, il vint souvent en Mandchourie, même après le début de la guerre du Pacifique, comme consultant pour diverses institutions comme l'Université de Kenkoku où il est particulièrement lié. Son dernier voyage en Mandchourie eut lieu en 1942, sur l'invitation de l'Association des Grands Arts martiaux pour le 10ème Anniversaire de la création de l'état de Mandchoukouo. Ce jour là, il fait sa démonstration en la présence même de l'Empereur PU'YI.

Le 30 Avril 1940, le Kobukan est gratifié du statut de « Formation reconnue par le Ministère de la Santé et de l'Hygiène ». Le premier Président fut l'Amiral Isamu Takeshita. La même année, l'Académie de Police où enseignait Morihei, adopte l'aiki-budo comme référence officielle.

La guerre du Pacifique provoqua le départ au front des élèves du dojo de Tokyo. Kisshomaru Ueshiba alors étudiant à l'Université de Wasada, Kisaburo OZAWA et quelques autres jeunes élèves, prirent la responsabilité de maintenir le dojo actif.

Ainsi, en 1941, l'aiki-budo fut inclus dans le Butokukai* (corps gouvernemental regroupant tous les arts martiaux dans une seule association) et Morihei désigne Minoru HIRAI pour représenter et diriger le Kobukan, devenu la section A¨¨iki du Butokukai. Paradoxalement, c'est à ce moment que le nom « Aïkido » devint vraiment connu de tous !

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* Association des Vertus martiales. De nos jours, elle a pris le nom de « DAI NIPPON BUTOKU KAI » ou « Vertus Martiales du Grand Japon ». Son rôle reste le même, mettant plus en avant les vertus pacifiques de la pratique des arts martiaux en tant que culture. Pas de conflit, pas de compétition, mais un engagement total dans la Voie des arts martiaux ».

L'Aïkido fut « réduit » à une section du Butokukai au cours de cette période sombre du second conflit mondial et Morihei, souhaitant préserver pour les générations du futur « l'esprit Budo » qu'il avait créé, laissa la charge des dojo dans la Wakamatsu-Cho à son fils Kisshomaru et se retire avec sa femme Hitsu à Iwama. Il y commence la construction du Ubuya (lieu de naissance), le cercle sacré de l'Aïkido : un ensemble comprenant l'autel de l'aiki et le dojo. L'ensemble fut terminé en 1945 juste avant la guerre et le dojo est actuellement connu sous le nom de dojo Ibaragi. Il fut construit selon les principes du Kotodama : le triangle, le cercle et le carré. « Quand ils sont réunis dans une rotation sphérique, il en résulte une clarté parfaite. Ceci est la base de l'Aikido » disait Morihei.

Les bombardements US firent que le dojo de Wakamatsu-Cho - bien que sauvé - ne permit pas la pratique, étant squatté par une trentaine de familles qui avaient tout perdu. L'ensemble est transféré à Iwama. Au lendemain de la défaite, les arts martiaux eurent une période de déclin et avec eux l'aïkido. Morihei avait confiance et quand la confusion se termine, la direction repart sur Tokyo.

Le 9 Février 1948, le Ministère de l'Education autorise le rétablissement de l'Aikikai et le dojo principal de Tokyo fut baptisé Dojo Ueshiba, « Centre Mondial de l'Aikido ». Kisshomaru reçoit la responsabilité du développement et Morihei se retire à Iwama.

Jusqu'en 1950 Morihei parcourt le Japon, soit pour enseigner ou donner des démonstrations comme des conférences. En 1954, le dojo de Tokyo devient « Fondation Aïkikai », le Honbu Dojo de l'Aikido. En Septembre 1956, l'Aikikai fit une démonstration qui dura cinq jours sur le toit d'un grand magasin à Tokyo et eut un grand retentissement. L'aïkido se développe ainsi au rythme de son temps. L'aiki se développe partout au Japon, dans le monde.

Janvier 1960, la télévision fixe les techniques de Morihei sur un film intitulé : « Le maître de l'Aïkido ». Le 14 Mai 1960, l'Aïkikai de Shinjuku à Tokyo finance une démonstration de Morihei et celui-ci laisse à tous une impression profonde. Plus tard, au cours de cette même année, Morihei fut honoré - avec Yosaburo Uno (10ème dan de kyudo) du Shijuhosho par l'Empereur Hiro Hito. Seuls trois autres maîtres avant eux reçurent cette récompense.

En Février 1961, Morihei se rend à l'Aikikai de Hawaï. Il lance les bases d'un « pont entre les hommes d'Orient et d'Occident ». Le 7 Août 1962, un grand festival est réalisé à Iwama. Le 14 Mars 1967, première pierre d'un Honbu moderne de trois étages à Tokyo qui sera terminé le 15 décembre de la même année. Morihei n'y garde qu'un pièce (devenue Musée) pour y travailler et dormir.

Le 12 Janvier 1968, c'est l'inauguration officielle. Un peu plus tard, pour la même raison, Morihei fait encore une démonstration au Kokaido à Hibaya, sa dernière apparition publique au service de l'aïkido.

Le 15 Janvier 1969, Morihei assiste à la célébration du nouvel an au Honbu Dojo. Bien qu'il paraisse en bonne santé, son état physique décline rapidement et il s'éteint, en paix, le 26 Avril 1969 à 17 heures. Un veille se tient le 1er Mai 1969 et l'Empereur lui décerne une dernière distinction à titre posthume.

Ses cendres sont enterrées dans le temple de la famille Ueshiba à Tanabe, des mèches de ses cheveux sont conservées comme reliques sur l'autel aiki à Iwama, au cimetière familial de Ayabe et au grand autel Kumano.

Ses dernières paroles furent :

« L'Aikido appartient au monde entier ».

Cet historique reflète la vie d'un grand Maître, d'un formidable guerrier, d'un homme de Paix et de convictions. Marqué par la vie, au seuil de la mort, il reste un grand combattant : au cours de ses derniers instants, voulant se rendre aux toilettes, quatre de ses uchi deshi veulent le soutenir. D'un simple frémissement d'épaule, il les projette au travers du jardin !

Tout pratiquant sincère de l'Aïkido devrait y puiser son énergie.

AIKIDO au sein de la FEKAMT

 

La pratique d'un art martial traditionnel viserait à guérir de six maladies :

La première, le désir d'être victorieux .

La seconde, le désir de s'appuyer sur des astuces techniques .

La troisième, le désir d'être admiré .

La quatrième, le désir de vaincre en dominant mentalement son adversaire .

La cinquième, le désir de rester passif en attendant une ouverture .

La sixième et dernière, enfin, le désir de guérir des cinq premières maladies.

Yagyu MUNENORI,

Maître d'armes du Shogun TOKUGAWA

Début du XVIIème siècle.

 

L'AIKIDO cependant, reste encore une pratique bien vivante. Il existe toujours, dans le monde, des experts, disciples en ligne directe du Maître Fondateur et il faut les aider à transmettre et à préserver ce savoir. Mais certaines associations favorisent une conception réductrice de cette discipline martiale majeure, accréditant par là, l'idée qu'elle n'est qu'un sport comme les autres. Tentons de corriger cette définition inexacte, simpliste.

ORIGINE

L'AIKIDO est une discipline créée par O Sensei UESHIBA Morihei. Elle comprend des éléments variés, techniques, philosophiques et moraux. L'originalité de cette discipline a été officiellement reconnue par les autorités japonaises en 1941, quand elle entra dans les disciplines reconnues par la DAI NIPPON BUTOKU KAI (1).

Celui-ci a décidé de l'offrir au monde entier, missionnant même à ses frais, dès les années cinquante, des experts en Europe et aux Etats Unis chargés de diffuser sa méthode. Moriteru Ueshiba Doshu reste le garant moral de l'Aïkido du Fondateur. L'AIKIKAI de TOKYO, organisation fondée avec l'autorisation de O Sensei, demeure un exemple de fidélité aux souhaits du Fondateur.

Cependant, et cela reste incontournable, aucune organisation, qu'elle soit nationale ou internationale, ne peut prétendre détenir une quelconque exclusivité sur tout ou partie d'une discipline que son créateur a voulu universelle. De ce fait, l'AIKIDO ne saurait devenir l'exclusivité, la propriété, d'aucun groupe, ni d'aucune fédération.

Principes généraux

L'AIKIDO n'est pas un « sport » au sens occidental du terme.

Bien que sa pratique mette en ouvre des actions physiques précises, c'est une discipline complexe dont les subtilités ne sont comprises que progressivement.

O Sensei UESHIBA refusait que l'Aïkido devienne un sport. Il rejetait pour cela les règles artificielles restrictives que ces activités comportent considérant qu'elles stimulent l'ambition et la vanité des pratiquants. Il voulait son Budo comme une « école traditionnelle » ancrée dans le réel. Le champ d'action de l'AIKIDO n'est donc pas seulement le Dojo mais l'Univers tout entier.

 

 

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Association créée en 1895 à Kyoto, chargée de répertorier, organiser et classifier dans un cadre légal, les divers styles et écoles d'arts martiaux qui s'étaient multipliés pendant la période des Tokugawa. La mission de cette association est de faire authentifier les grades et titres de maîtrise par un Comité d'experts.

Le but de l'AIKIDO est essentiellement pacifique.

O Sensei Ueshiba reprenait une tradition ancienne exprimée par LAO TSEU dans le Tao Te King. Le terme BUDO signifie « Voie Chevaleresque ». Le premier idéogramme BU peut se traduire par « celui qui arrête les lances », le « pacificateur ». Cette conception exclut l'assimilation de l'AIKIDO à une simple technique de self-défense ou de combat.

L'AIKIDO se présente comme une méthode efficace de résolution pacifique des conflits et de conciliation des contraires.

Elle développe chez ses membres ou adeptes, selon la terminologie que l'on souhaite, les dualités morales, humaines et physiques nécessaires à la réalisation de ces buts élevés.

Le psychisme humain est souvent le siège d'impulsions contradictoires.

L'expérience prouve qu'une pratique assidue de l'AIKIDO maîtrise ces impulsions, entraînant des modifications profondes, en particulier une vigilance accrue, une forme de détachement ainsi qu'un renforcement du dynamisme et de la santé.

L'être humain ne peut enfreindre ni même ignorer impunément les lois de la Nature. Tenter de les comprendre et de s'y conformer, autorise des actions plus harmonieuses. Dans ce domaine, le Maître Fondateur considérait que l'aiki shugyosha avait une responsabilité personnelle dans le bon fonctionnement de l'Univers.

Transmission

Les principes précédemment évoqués imposent certaines contraintes à l'enseignement de l'AIKIDO ainsi qu'à sa pratique. Ces contraintes sont traditionnelles et certaines concernent la sécurité même des élèves.

Les règles qui assurent la bonne ordonnance d'un Dojo, la Courtoise et la Convivialité entre les pratiquants, l'Etiquette ainsi que le Respect du professeur, sont surtout valables dans l'enceinte protégée où se déroulent les entraînements.

Les grades, les distinctions et titres honorifiques peuvent être pour les plus jeunes des encouragements, mais ne sont d'aucune utilité dans la vie de tous les jours. Seules les qualités morales et physiques de l'adepte peuvent lui permettre de survivre aux aléas de la Société, de l'existence même.

Si l'AIKIDO est étudié dans un lieu protégé (Dojo), il ne se conçoit véritablement qu'à l'extérieur, dans un monde concret où les armes coupent, où les accidents mutilent et où les erreurs humaines et matérielles peuvent donc tuer.

Dans cet univers complexe où les situations se modifient constamment, la première qualité d'un pratiquant sera la capacité de s'adapter aux changements, aux situations, surtout imprévues.

La capacité d'accueil, la vigilance et la non fixité de l'esprit, en fait la spontanéité, restent de nos jours des qualités indispensables. Les exercices qui développent ces caractéristiques sont utiles, ceux qui les stérilisent par un programme rigide, sont à proscrire.

L'utilisation systématique de la force musculaire dans l'exécution des techniques est une erreur. Elle ralentit l'action. Elle bloque la perception des changements de postures et des mouvements du partenaire, de l'adversaire. Elle interdit toute adaptation aux différentes phases d'un combat. L'emploi abusif de cette force est générateur d'accidents, de conflits.

L'acquisition de techniques précises est une étape indispensable mais elle ne doit pas nuire à la capacité d'adaptation, de sensation, qui vient d'être évoquée. Bien au contraire, la répétition, la recherche et la découverte éventuelle de mouvements harmonieux (variantes), avec l'idée d'accueillir et de protéger l'adversaire ou le partenaire, est une méthode pédagogique efficace pour assurer l'épanouissement de l'élève. Elle lui permet de progresser dans sa maîtrise du réel et de lui-même.

Rassemblement F.E.K.A.M.T

 

L'AIKIDO n'a aucunement besoin d'une administration complexe pour prospérer.

Chaque Ecole, Dojo ou Club, possède une organisation interne indispensable à son bon fonctionnement. Un bon système de communication entre eux représenterait déjà une avancée considérable par rapport à la situation actuelle.

L'expérience montre qu'une organisation fondée sur le maintient d'une conformité technique à un modèle figé était une chimère dangereuse. Le fait, pour certains groupes, de s'assurer une exclusivité de l'enseignement de l'Aïkido avec l'aide des Pouvoirs Publics, est en totale contradiction avec les principes mêmes définis par le Fondateur et la liberté d'expression et de recherche personnelle qu'il serait souhaitable de conserver.

Dans un pays où la délivrance des grades est confisquée par des Fédérations, il est indispensable de redonner aux professeurs la responsabilité entière de leur attribution. Ce sont eux qui connaissent le mieux leurs élèves, dans toute leur complexité, leur richesse intérieure et leurs capacités mentales (SHIN), techniques (GI) et physiques (TAI). Un professeur incapable d'apprécier le niveau atteint par ses propres élèves serait de facto inapte à enseigner.

 

La transmission du savoir n'est correctement réalisée que de « maître à élève »(*).

Seuls des assistants ayant fait leurs preuves, sous la supervision d'un expert, peuvent accéder à leur tour à la fonction d'enseignant. Des commissions délivrant des diplômes parés d'un simple examen ne garantiront jamais l'aptitude d'un candidat. Elles font rarement preuve d'une suffisante objectivité. Par la collégialité des décisions, le secret des délibérations, certaines convenances, elles assurent l'irresponsabilité individuelle de leurs membres.

Un système complexe de grades risque de substituer à la recherche intérieure individuelle, celle d'une distinction flatteuse. Un véritable pratiquant doit savoir qu'une telle distinction ne représente, qu'un

niveau de connaissance technique et que toute progression vers la maîtrise reste très largement invisible. Mais ce que ce pratiquant a reçu de ses Maîtres, professeurs ou enseignants doit être respecté comme tel !

 

La richesse de l'AIKIDO repose en grande partie sur le savoir des experts.

Ce sont les plus aptes à réaliser, par l'étude des techniques qu'ils utilisent, la manifestation concrète de la Discipline. Cependant, aucun expert ne peut aujourd'hui prétendre, à lui seul, l'Art qu'il enseigne. Chaque enseignant, même s'il n'est pas encore un expert, possède une expérience particulière que les autres n'ont pas.

La somme et la variété de ces expériences constituent un ensemble irremplaçable. La seule façon de le mettre en commun, pour le profit de tous, passe par le Respect.

Les élèves sont la raison d'être de l'Enseignement et le futur de l'Art que nous pratiquons, que cela soit de l'Aïkido, du Karatedo, du Tai-Jitsu, ou tout autre Budo.

Les élèves sont le reflet de leurs professeurs mais ils doivent conserver leur indépendance, leur sens critique, mais surtout « l'Humilité du débutant » pour le jour où ils transmettront à leur tour ce qu'ils ont appris. Cela est le plus difficile.

En effet, le cadre dans lequel s'exerce la transmission d'un savoir et sa mise en pratique, n'est autre que l'univers tout entier. Dans la mesure où nul ne peut prétendre le connaître dans sa totalité, nul ne peut également prétendre limiter arbitrairement le champ de recherche d'un pratiquant d'Aïkido quelque soit son origine.

 

Cependant, l'être humain n'étant pas parfait, certains pourront être confrontés à des erreurs dans leur cheminement. Ce sera le sens du travail permanent qu'il faudra appliquer au travers des cours, des saisons, du temps. Au travers aussi de l'enseignement de différents professeurs, de diverses sensibilités, d'autres disciplines, car le BUDO EST UNIVERSEL.

Si vous souhaitez partager avec nous la pratique d'une discipline merveilleuse, sans autre contrainte que de travailler à son développement .

Si vous souhaitez faire partager vos idées, vos sensibilités, tout en respectant les fondements mêmes de la Discipline créée par O Sensei Morihei UESHIBA .

Adhérez à la F.E.K.A.M.T .

. Au sein de laquelle vous trouverez une écoute, un partage des responsabilités, un travail commun en profondeur, pour le bien de tous.

L'esprit que nous souhaitons donner, comporte la recherche de l'excellence au travers d'une remise en question permanente de soi-même.

Par cela, tenter de devenir un véritable Budoka, adoptant des règles d'étiquette, de bienséance, un comportement de modestie, de compassion et de générosité, des marques de courtoisie et de déférence.

 

Nul ne saurait se dire « Budoka » sans appliquer cette « étiquette de cour ».

 

Différents Courants,

STYLES, ECOLES, SENSIBILITES MAJEURS

 

L'aïkido transmis par O Sensei Morihei UESHIBA n'est pas parvenu tel qu'il fut créé pendant la vie du Fondateur. Certains de ses élèves s'engagent dans des voies légèrement différentes, insistant plus particulièrement sur des points précis de pratique. Nous pouvons donc parler aujourd'hui de différents « courants », Ryu ou écoles, sensibilités, en aïkido.

Leur style reflète l'Aikido d'une époque enrichie du travail, des évolutions de chacun de leurs fondateurs. Ainsi, nous pourrions citer par exemple les .

Aïkibudo :

C'est la forme enseignée originellement par O Sensei. Techniquement très proche du Daito Ryu Aïki Jujutsu de Maître Sokaku Takeda et des techniques traditionnelles de Jujutsu. C'est l'une des formes les plus dures d'Aïkido dont les représentants sont pour la plupart des élèves de Morihei UESHIBA de la période d'avant la deuxième guerre mondiale.

AIkikai :

C'est le courant le plus répandu et considéré comme l'Aïkido « originel ». En fait, il correspond plus à une « nomenclature technique » d'un style de O Sensei, développée par son fils Kishomaru (puis poursuivit aujourd'hui son petit-fils Moriteru, actuel Doshu, qui l'officialise définitivement en 2004). Ce dernier, motivé par sa mission de promoteur de l'aïkido à travers le Monde, a modifié et simplifié le style enseigné par son père Morihei afin de le rendre plus accessible à la masse (voir les liens avec l'Aïkido français). Il est aujourd'hui adopté par la Fédération Internationale de l'Aïkido (FIA). Mais ce « courant AIKIKAI » en cache quelques autres, totalement différents et tout aussi « officiels » .

Iwama Ryu :

C'est le courant de Maître Morihiro Saito. Installé à Iwama, il fait partie de l'Aïkikai, même s'il diffère très largement du programme enseigné à l'Aïkikai. Maître SAITO fut l'élève qui a étudié le plus longtemps auprès de O Sensei. Jusqu'à sa disparition en 2002, Maître SAITO préservera la technique originelle du Maître Ueshiba, plus large que dans la plupart des autres écoles, surtout sur la pratique au niveau des armes, sommairement transmise par le Fondateur à l'Aïkikai. Celle-ci n'accepte pas trop ce style car il semble être le plus proche de l'enseignement de O Sensei, et donc le plus véridique.

KI NO MICHI :

C'est le courant de Maître Masamichi NORO, né le 21 Janvier 1935.à AOMORI, nord du Japon,

En 1955, il rencontre O Sensei auprès duquel il étudiera l'Aikido, en tant que Uchi Deshi à Tokyo puis au Dojo de Iwama jusqu'en 1961. O Sensei lui demande alors de se rendre en Europe et en Afrique avec avec le titre de Délégué officiel de l'Aïkikaï. Le 3 Septembre, il arrive à Marseille où il prend la suite de Tadashi ABE pour développer l'Aïkido. Il effectue de nombreux voyages en Europe et Afrique, créant plus de 200 dojo dans 12 pays.

Il accueille à leur arrivée en France, Mutsuro NAKAZONO (1963) et Nobuyoshi TAMURA (1964) également délégués pour le développement de l'Aïkido en Europe !

En 1964, Masamichi NORO s'installe à Paris où, en 1966, il est victime d'un très grave accident de voiture. De graves séquelles le contraignent à retrouver une bonne condition physique, lui permettant de mettre au point une pédagogie et une approche du mouvement qui seront les bases du KINOMICHI.

En 1967, Maître Noro crée son Institut avec quelques élèves, rue Constance, à Paris XVIII, ayant de fructueux et fréquents échanges avec Taïsen DESHIMARU, moine Soto-Zen. Mais en 1969, son père décède ainsi que O Sensei et il rencontre alors Karlfried Graf VON DÜRCKHEIM, qui devient son père spirituel occidental.

Puis en 1970, c'est la rencontre avec Marie-Thérèse FOIX et Gisèle de NOIRET, qui participent indirectement à l'émergence des bases du KINOMICHI qui, dès 1972, se donne comme seuls objectifs, dynamisme, coopération, harmonie et contacts. Pour NORO, le temps est venu de changer d'attitude, de renoncer ainsi au combat avec soi même autant qu'avec les autres, à la recherche de puissance destructrice. Il s'éloigne de l'aspect martial de l'aïkido, de l'esprit de conquête et de l'agressivité, qui sont une perte d'énergie, tout en conservant la philosophie, la tradition, la terminologie, l'habit traditionnel.

L'année 1975, il obtient pour lui même comme pour ses enseignants, le Brevet d'Etat de « Professeur de Judo et méthodes de combat assimilées - option Aïkido », qui lui permet d'enseigner conformément à la loi française. En 1978, il crée officiellement le KINOMICHI ou Voie de l'énergie. Il rencontre Madame le Docteur Lily EHRENFRIED. Il étudie sa méthode de gymnastique pendant 7 ans, et devient son ami. Il incorporera certaines de ses techniques dans les exercices d'échauffement du KINOMICHI.

En 1982, NORO dépose et enregistre le nom NORO, le terme KINOMICHI, son sigle (qui est en fait celui de la famille NORO) et ouvre le « Centre Masamichi NORO » à Paris. En 1985, à l'invitation de Maître Katsuaki ASAI (pionnier de l'aïkido en Allemagne) pour le 20ème anniversaire du groupe allemand, il présente le Kinomichi à Düsseldorf.

Le Centre International NORO KINOMICHI est créé en 1991, au Dojo de la Fontaine, Boulevard de Strasbourg, à Paris 10e pour enseigner et promouvoir cette discipline. A Partir de 1996, Masamichi NORO rencontre Kishomaru UESHIBA à plusieurs reprises au Centre Mondial de l'Aïkido. Septembre 2000, le Centre International NORO KINOMICHI est transféré Boulevard des Batignolles, Paris XVII, au KORINDO Dojo. En 2001, il entre à la FFAAA (Fédération Française d'Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires).

Kobudo :

Ecole de Yoshio SUGINO Sensei né le 12 Décembre 1904 à CHIBA qui, dès l'âge de 12 ans, débute l'étude des arts martiaux par le Kendo avec Shingai Saneatsu Sensei, ancien samouraï (l'un des réformateurs de la discipline). Puis, vient le Judo avec Jisuka KANISABURO Sensei qui le recommande auprès de Jigoro KANO, lequel l'enverra ensuite suivre les cours de DAITO RYU AIKI JUTSU de Morihei UESHIBA. Et nous en terminerons (pas lui) avec l'étude du KATORI SHINTO Ryu auprès des Sensei TAMAI, ITO, SHINA et KUBOKI.

En 1981, il recevra le 10ème Dan de son art sur la recommandation de la Fédération Internationale d'Arts Martiaux. Yoshio SUGINO était l'un des derniers grands Maîtres du KATORI SHINTO RYU et avait acquis la maîtrise dans de nombreuses disciplines.

SEITAI :

Itsuo TSUDA (1914 - 1984) est l'aîné d'une riche famille japonaise. Il se révoltera à 16 ans contre l'autorité paternelle qui le destinait à être l'héritier de la fortune familiale (tradition du droit d'aînesse), quitte la famille et vagabonde quelques temps pour chercher une liberté de pensée. Réconcilié avec son père, il se rend tout de même en France en 1934, étudie la sinologie auprès de Marcel GRANET et la sociologie avec Marcel MAUSS jusqu'en 1940, date de son retour au Japon.

Dès 1950, il étudie les aspects culturels du Japon - le NO avec HOSADA Sensei, le SEITAI avec NOGUCHI Sensei et tout naturellement l'AIKIDO avec Morihei UESHIBA. Il rejoint l'Europe en 1970 pour y diffuser le « mouvement régénérateur » et ses idées personnelles sur la notion du « KI ». Maître Itsuo TSUDA est connu pour ses ouvrages et fit l'objet de nombreux interviews de revues spécialisées d'Arts Martiaux en France comme à l'étranger.

SHIN SHIN TOITSU AIKIDO ou encore KENKYUKAI :

Fondé par Koichi TOHEI, sans doute le meilleur disciple de O Sensei, qui fut contraint de quitter la Direction Technique de l'AIKIKAI en 1974, bien qu'il ait connu toute la richesse de l'Aikido auprès de Morihei UESHIBA. SHIN SHIN TOITSU se traduit par « Unification du corps et de l'esprit ». Cette école développe l'importance du concept et l'application du KI dans la vie quotidienne

Koichi Tohei enseigne le contrôle de l'énergie dans son école et présente de nombreux exercices visant au développement du KI. C'est peut-être le courrant le plus doux de l'Aïkido où le pratiquant peut même être amené à faire de petits sauts (par exemple sur Kiri Otoshi).

Pas de considération martiale (ou très peu) au sein de cette école, considèrant les techniques comme un simple moyen de développer le KI. Il est possible de dire que ce courant s'éloigne de l'Aïkido originel, l'étude étant basée sur le KI et sa corollaire, la santé. Le groupe « KI Society » est très profondément ancré aux USA où réside Maître TOHEI. En France, nous pouvons noter un début d'implantation avec l'association « SUMIKIRI » et Jean Daniel CAUHEPE, premier élève de Maître André NOCQUET et qui suit les cours de Maître TOHEI.

SHINEI TAIDO :

Son fondateur, Noriaki INOUE, est un neveu de Morihei UESHIBA, élevé au sein de cette famille durant plusieurs années, à Tanabe puis à Shirataki. La plus grande part d'expérience des arts martiaux de INOUE Sensei vient de Morihei UESHIBA. Dès le milieu des années 20, Noriaki INOUE Sensei est instructeur assistant et il participe à la mise en route du Kobukan. De 1932 à 1935, il est instructeur en chef du SENYOKAI (Kameoka). INOUE Sensei enseigne par ailleurs l'AIKI BUDO dans plusieurs quartiers de OSAKA.

Après le second « incident » avec la secte OMOTO, il prend ses distances avec Morihei Ueshiba et les rencontres entre les deux hommes se raréfient. Après guerre, INOUE enseigne en toute indépendance son art appelé AIKI BUDO, qu'il change ensuite en SHINWA TAIDO et finalement en SHINEI TAIDO. Très pieux et restant tout de même attaché à la secte OMOTO, il s'occupe d'un petit groupe d'adeptes à KUNITACHI et cela jusqu'à sa mort en 1994.

TOMIKI RYU :

Cette école est celle de Kenji TOMIKI, élève de Morihei UESHIBA et de Jigoro KANO. Tomiki Sensei souhaite instaurer l'aïkido de façon rationnelle comme l'avait fait KANO pour le Judo, introduisant l'idée de compétition afin de tester les techniques aïkido dans des situations de combat. Cette idée est repoussée par Morihei UESHIBA pour qui la compétition n'a pas sa place en aïkido (Ce dernier point de vue est d'ailleurs largement admis par la grande majorité des pratiquants).

Dans l'Ecole TOMIKI, il existe des katas (formes techniques arrangées), la compétition à main nues et/ou avec un couteau. Il semblerait que cette école aussi implantée à TAIWAN.

YOSEIKAN :

Ce courant particulièrement important - bien qu'affilié à une fédération française pour l'inévitable « reconnaissance » - est développé par Minoru MOCHIZUKI, élève de la première génération de UESHIBA et de KANO. Le Yoseikan est une « synthèse » de plusieurs arts martiaux : Judo , Aïkido, Karatedo, JuJitsu. La principale différence entre les AIKIDO UESHIBA et YOSEIKAN de MOCHIZUKI réside dans l'ajout pour cette dernière, de techniques de pieds (Ashi), de sacrifices (Sutemi), de techniques au sol (Ne Wasa) et de katas. Les déplacements et les assauts sont aussi parfois différents.

YOSHINKAN :

C'est le style de Gozo SHIODA, élève de Morihei UESHIBA au cours des années 30.

Après guerre, il donne des cours et fonde alors le Yoshinkan : YO - développement, SHIN - esprit, et KAN - lieu de pratique. Les relations avec l'AIKIKAI sont restées excellentes, contrairement aux autres courants. Le Yoshinkan a la réputation d'un style plutôt « dur » aux techniques solides, agressives. De par l'accent mis sur l'efficacité en situation de combat réel, il est adopté par la police japonaise.

Il en existe bien d'autres . plus ou moins « officiels » :

Tous disciples de Morihei UESHIBA, ils proposent un Aïki plus « solide », développant l'efficacité en terme de self défense, venant des anciennes formes de Aiki Jujitsu :

Kenji SHIMIZU : TENDO Ryu (ou Aïkido Tendokan), Uchi Deshi du Aïkikai Honbu Dojo dans le milieu des années 1970 et qui reste totalement indépendant de l'AIKIKAI.

Hirai MINORU : KORINDO AIKIDO

Hoshi TETSUOMI : KOBU JITSU

Rod KOBAYASHI : SEIDOKAN

Puis, d'autres styles reviennent au goût du jour, plus proches du Ju Jitsu :

Takeda TOKINUME : DAITO RYU AIKI JU JITSU

Yoshiji OKUYAMA : HAKKO RYU JU JITSU

Nobuyoshi HIGASHI : KOKUSHI Ryu

Le principe est surtout de savoir quels sont les tenants et les aboutissants de ces courants, quelle est la partie concernée par l'Aïkido « originel » de Morihei UESHIBA, le but de ces adaptations .

Pour ce qui concerne la FEKAMT :

L'Aïkido est un « art » et en tant que tel, il doit pouvoir évoluer, vivre, s'adapter et s'ouvrir pour tous. Morihei UESHIBA disait que « l'Aïkido appartient au monde ». Mais il ne faut pas sortir du chemin. Il ne faut pas rester figé, embarrassé, dans une « nomenclature » qui n'existerait - selon nos informations - que du fait de certains enseignants qui souhaitaient à une époque obtenir un « brevet d'état » pour se faire rétribuer ! Cela existe hélas encore .

D'autres enseignent depuis des années, bénévolement, développant l'aïkido, ou plus largement les arts martiaux et l'esprit de respect, sans besoin d'une « formation fédérale hégémonique » qui ne prouve pas grand chose sauf un corporatisme forcené.

Une anecdote : Quelque part, dans un lieu originel d'une certaine discipline, l'élève apprend tout ce que le Maître des lieux lui enseigne. Quand il juge que l'élève a tout appris de lui, il le met tout simplement à la porte de l'école, lui demandant d'aller trouver un meilleur maître que lui afin de progresser davantage. Et là, pas de diplôme, pas de certificat, pas de « brevet d'état » . mais un respect !

La dureté de cette expérience permet à ces élèves de résister à la tentation d'un ego démesuré tout en leur faisant comprendre que la meilleure des voies reste « celle du cour et du respect des autres ! » et que « sept fois tombé, huit fois debout » ! .

HISTORIQUE SUCCINCT DE L'AIKIDO Français

Les « origines » - Période: 1951 - 1957

1951 - Maître Minoru MOCHIZUKI introduit l'AIKIDO en France.

1952 - Maître Tadashi ABE, Délégué Officiel de l'AIKIKAI de Tokyo, arrive en France pour y installer définitivement l'Aïkido. De 1952 à 1955, les premiers clubs se créent sous son impulsion et avec l'aide de Maître André NOCQUET. Ce dernier partira se perfectionner auprès de O Sensei Morihei UESHIBA, comme Uchi Deschi de 1955 à 1957 (à son retour, Maître Tadashi ABE retourne au Japon, remplacé successivement par Maître Noro, Maître Nakazono et enfin Maître Tamura).

1957 - Maître NORO arrive en France et c'est la création de la F.F.A.B (Fédération Française d'Aïki Budo) dont le conseiller technique est Maître NOCQUET. Dans le même temps, débarque Maître Hiroo MOCHIZUKI (fils de Minoru, qui restera en France jusqu'en 1959 puis reviendra définitivement en 1963). Les premiers problèmes apparaissent dès cette époque. Les membres du groupe de Maître Hiroo Mochizuki créent leur propre fédération, la F.F.A.T.K. ou Fédération Française d'Aïkido, Taï Jitsu et Kendo. Parallèlement, un autre groupe qui refuse la tutelle de Maître NOCQUET décide en 1963, de créer l'A.C.F.A (Association Culturelle Française d'Aïkido).

Période FFJDA/UNA - De 1964 à 1971.

1964 - F.F.A.B. (dit groupe UESHIBA avec comme Directeur Technique A. NOCQUET) et F.F.A.T.K. (avec comme Directeur Technique H. MOCHIZUKI) rejoignent la F.F.J.D.A. (Fédération Française de Judo et Disciplines Assimilées).

En dehors existe un autre groupe, indépendant, l'A.C.D.A dont les Directeurs Techniques seront successivement Maître NORO, Maître NAKAZONO puis Maître TAMURA.

1969 - Premier essai d'unité de l'Aïkido Français. Cinq mille licenciés cohabitent à la FFJDA alors que 1800 autres sont regroupés au sein de l' A.C.F.A. Guy BONNEFOND est élu Président de l'ACFA qui se structure sur tout le territoire grâce aux Maîtres Nakazono, puis Tamura (Délégué officiel de l'aÏkikaï pour toute l'Europe et qui se mettra totalement à la disposition de l' A.C.F.A. Le nombre d'aiki shugyosha français ne cessera de grossir.

Mais, déjà, le Ministère des Sports, n'accordant les brevets d'état qu'aux seuls licenciés de l'aïkido fédéral, l'A.C.F.A, décide de rejoindre les deux autres groupes à la F.F.J.D.A, signant un « protocole d'intégration » au sein d'un organisme regroupant les trois écoles d'aïkido, dénommé U.N.A (Union National d'aïkido), qui verra le jour officiellement le 24 juin 1971.

Période UNA - De 1971 à 1977.

L'U.N.A. se compose maintenant de trois groupes :

Le YOSEIKAN (ex - FFATK) avec Maître Hiroo MOCHIZUKI.

Le C.A.T. (Cercle Aikido Traditionnel, ex-Groupe UESHIBA/FFAB) avec Maître André NOCQUET

L'A.C.FA avec Maître Nobuyoshi TAMURA.

L'UNA, forte de 10.000 membres, sera présidé par LASSELIN (Yoseikan). Le 28 Avril 1973 eurent lieu les élections pour le membres du Comité Directeur. Seul le groupe ACFA s'abstient lors du vote et l'Assemblée générale de la FFJDA de septembre 1973 décide de suivre l'ACFA et de ne pas légaliser les élections.

Pfeifer, Président d'honneur de la FFJDFA est chargé de réorganiser l'Aîkido Français. Il s'entoure pour cela de Lasselin, Bonnefond, Lallee et Lefebvre et forme le « Conseil Supérieur de l'Aïkido ».

Un programme d'enseignement commun (grades et professorat aïkido) est rédigé par Guy Bonnefond et sera signé des trois experts. C'est la « Méthode Nationale et progression de l'enseignement», et « Programme des épreuves techniques, orales, écrites ainsi que pédagogiques pour l'obtention du brevet d'état de professeur d'aïkido ». Présenté au Congrès National de l'Aïkido le 1er décembre 1973 à Paris, il confirme l'unité de l'aïkido français.

La France se voit découpée en 5 inter régions. Quinze hauts gradés (cinq de chaque groupe) sont chargés de diffuser la méthode nationale. Trois stages nationaux dirigés par les trois experts sont organisés dans chacune d'elles.

Maître Nobuyoshi TAMURA, assisté de Guy Bonnefond et de Pierre Chassang publie alors le livre sous le titre « METHODE NATIONALE ». Mais en Septembre 1975, une mésentente se déclare dans le groupe et LALLEE démissionne du Comité Supérieur d'Aïkido, rejoint la nouvelle Fédération Française de Yoseikan Budo du groupe Mochizuki. L'agrément est retiré à maître André NOCQUET. Enfin, Maître MOCHIZUKI préfère laisser à Maître TAMURA le soin de diriger le stages nationaux. Le Délégué officiel de l'AIKIKAI devient donc le seul Conseiller Technique de l'U.N.A.

Novembre 1975, Kisshomaru UESHIBA dirige un stage à la Salle Pleyel et tous les grands experts japonais en Europe s'y retrouvent avec des membres français.

Avril 1976, Maître André NOCQUET crée la F.F.A.D (Fédération Française d'Aïki-Do).

Les 23 Avril et 4 Juin 1977 se déroulent les élections de l'U.N.A. - Guy BONNEFOND est élu Président et Maître TAMURA en reste le Conseiller Technique National. L'A.G. du 18Juin confirme les résultats.

Période « DEVELOPPEMENT » - De 1977 à 1981.

Cette période voit l'aïkido français plus que doubler ses effectifs qui passeront de 10 000 à près de 24 000 membres au sein de deux groupes importants, l'U.N.A et la F.F.A.M.T (Fédération Française des Arts Martiaux Traditionnels nouvellement constitué entre la F.F.A.D. de Me NOCQUET, le C.E.R.A. de Me FLOCQUET, l'Institut NORO, la F.F.Y.B. de Me MOCHIZUKI.

Les réunions de conciliation de Décembre 1977, Janvier, Février et Mars 1978 entre les différents groupes se soldent par un échec. Le 2 Mars 1978, les annexes du BEES - option Aïkido, formulées par Guy Bonnefond sont publiées au Bulletin Officiel de la jeunesse et Sports.

Le 31 Octobre 1978, la F.F.A.M.T se transforme en F.F.A.K (Fédération Française d'Aïkido et de Kobudo) qui comprend trois groupes : le C.A.B. ou Cercle d'Aïkido Budo (ex-FFAD), le C.E.R.A. et l'Institut NORO.

Les 5 Avril 1979 et 26 Octobre 1979, l'U.N.A. et la F.F.A.K. se réunissent au Ministère. Nouvel échec et le Ministère décide donc de suspendre les examens du Brevet d'Etat.

Le 1er septembre 1980, le Yoseikan Budo présidé par HELLEY quitte la F.F.A.K. pour s'associer à l'Aïkido au sein de la F.F.J.D.A. Cette dernière change de dénomination pour devenir « Fédération Française de Judo-Jiu Jitsu, Aïkido, Kendo et Disciplines Associées ». L'Aïkido apparaissant dans l'objet social et bénéficie de ce fait de la délégation de pouvoir accordée à la FFJDA par le Ministère ainsi que de la reconnaissance de tous les organismes officiels.

L'U.N.A. change de sigle et devient le C.N.A. ou « Comité National d'Aïkido » !

Période « U.F.A »* - De 1981 à 1995.

Dans la F.F.J.D.A. les droits et devoirs acquis par l'Aïkido sont loin d'être compensés par les devoirs qu'implique l'appartenance à une Fédération dont le Judo détient toutes les structures administratives. Certains dirigeants régionaux et même nationaux se sentent diminués et acceptent difficilement une ingérence des responsables du JUDO dans les affaires de leur Discipline.

Maître Nobuysohi TAMURA décide donc de reprendre sa liberté. Il sera suivit par des hauts gradés.

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* UFA - Union des Fédérations Aïkido .

A l'Assemblée Générale du 25 avril 1982, Maître Tamura signale sont départ. Une succession de démissions sont annoncées, dont le Président Guy Bonnefond. Mais deux groupes se forment alors : l'un ayant opté pour sont indépendance, l'autre pour le maintien dans la F.F.J.D.A. Ainsi, Maître Tamura fonde le 8 mai 1982, la F.F.L.A.B. ou « Fédération Française Libre d'aïkido et de Budo »  dont le siège est fixé à Cannes. C'est le début d'une nouvelle période qui débouche aujourd'hui sur une fédération  forte de plus de 30 000 licenciés.

Parallèlement, la deuxième branche de l'aïkido dite F.F.A.A.A ou « Fédération Française d'Aïkido, d'Aïki Budo et Assimilées » se développe sous l'impulsion d'autres cadres techniques et plus tard Maître Christian TISSIER en deviendra le chef de file.

1985 - La F.F.L.A.B devient F.F.A.B ou « Fédération Française d'Aïkido et de Budo » présidée par Jean-Paul AVY. Le Conseiller Technique National reste naturellement Nobuyoshi TAMURA.

1987 - Nouvelle tentative d'unification des deux sensibilité .

1989 - 25ème Anniversaire de la présence en France de Maître TAMURA,organisé par Gérard GRAS à Paris et avec la participation du Doshu Kisshomaru UESHIBA .

1990 - Création de la C.S.G.A  ou « Commission Spécialisée des Grades Aïkido» sous la pression Ministérielle Jeunesse et Sports.

1992 - Le 12 Décembre 1992, une Assemblée Générale élit Georges BENZAQUEN à la Présidence de la F.F.A.B.

1994 - Les 11, 12 et 13 Novembre 1994, Nobuyoshi Tamura Shihan reçoit l'hommage de près de 1000 participants dont plus de 900 pratiquants, pour le 30ème Anniversaire de son arrivé en France.

Le 6 Avril 1995 - Union entre la F.F.A.B et la F.F.A.A.A.

Le 7 Novembre 1995 - L'agrément de la Jeunesse et des Sports est accordé pour la création de l'U.F.A ou « Union des Fédérations Aïkido ». Les Présidents des deux fédérations sont co-présidents et le Comité Directeur est composé de membres du Comité Directeur de chaque Fédération.

1999 - L'Ecole IWAMA Ryu de Maître SAITO rejoint la F.F.A.B.(*)

Les 28 et 29 Octobre 2000 - Le nouveau Doshu Moriteru UESHIBA vient à Paris pour un stage organisé par la F.F.A.A.A. Plus de 1000 aïkidokas venus de 21 pays d'Europe, d'Amérique du Nord eu Sud ou d'Afrique sont présents. Et en 2004, un livre établi « l'Aïkido officiel » .

NOTA

Cet historique est en fait uniquement celui de l'Aïkido français sous tutelle du Ministère.

Il ne tient pas compte de toutes les autres fédérations, associations, écoles et sensibilités qui ne sont pas « associées » (pour éviter le terme assimilées) à ces deux fédérations .

Si l'Aïkido français dépasse en pratiquants les japonais et que les fédérations « reconnues » regroupent 60 000 licenciés, où sont les autres ?

« L'Aïkido appartient au monde » selon les propres paroles de O Sensei Morihei UESHIBA. Il ne doit pas rester l'apanage d'un seul groupe aussi « officiel » soit-il. Il faut également veiller à ce qu'il ne sombre pas dans la « dérive » ou le « corporatisme » , d'un côté comme de l'autre.

Le droit à développer ou pratiquer la Discipline Aïkido est un droit pour tous, qui devrait être reconnu officiellement par tous et à tous les niveaux, surtout les plus hauts.

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(*) Il semblerait que la FFAB possède dans ses rangs une fédération de Kyudo ..

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(*) Un exemple incontournable reste celui de Maître André NOCQUET, 8ème Dan Aïkido, qui a reçu du Fondateur un enseignement de « cour à cour » lors de son court séjour auprès de lui, au Japon.

Perspectives pour l'Aïkido D'AUJOURD'HUI

Un art martial adapté au monde ?

L'Aïkido a survécu au retrait progressif, puis à la disparition de son Fondateur. Malgré les divergences entre les nombreux courants et l'AIKIKAI, l'éloignement géographique, il n'y a en fait, qu'un seul Aïkido et tous s'accordent à le penser.

Mais l'avenir reste incertain pour cet art martial majeur. Les deuxième et troisième générations des élèves directs de O'Sensei sont au bout de leur existence, disparaissant les uns après les autres, laissant un vide que remplissent - comme ils le peuvent - des experts sélectionnés sur la seule base de leur « légitimité » technique.

L'éloignement marquera les nombreux adeptes ainsi que la conception de la pratique elle-même.. Issue des valeurs de l'Asie, et en particulier du Japon, l'Aïkido doit trouver sa place dans une société nippone où l'individu est confronté à une réussite de survivance, aux profits à tout va, à la compétition et aux loisirs. Cet éloignement est un problème à résoudre rapidement, un défi sérieux à relever.

 

 

Une nouvelle génération ?

Depuis quelques temps, nous apprenons la disparition de tel Maître, tel professeur ou personnalité, qui détenaient le sens à donner dans l'enseignement de la discipline. Triste réalité où nul n'y peut rien. Les « professeurs d'avant », « dinosaures d'aujourd'hui », prennent la relève. Cette prérogative, ils la tiennent de leur ancienneté de pratique, indiscutable et de la richesse de leurs différences. Avec cette légitimité d'ancienneté, acquise tout au long d'une vie consacrée à l'aïkido, ils nous redonnent sans compter les explications assimilées de leurs maîtres.

En France, les Sensei actuels, les chefs de file du 6ème au 8ème Dan, doivent composer afin de conserver à l'Aïkido son « unité » vis à vis des instances gouvernementales. Une lutte, même courtoise,, pour la futilité d'un poste de responsabilité au sein d'un groupe, ne se fera pas sans dégâts collatéraux.

Maître Nobuyoshi TAMURA ne disait-il pas que pour lui « la fusion représenterait la mort de la discipline mais que l'on avait besoin d'une structure autour de laquelle pouvaient graviter d'autres petites structures » - Selon le SESERAGI n° 33 de Janvier 2004 (magazine officiel de la FFAB) ?

Il reste cependant possible que l'occidentalisation très nette de l'Aïkido (la France dépasse le Japon en terme de licenciés tous groupes confondus !), permette à cette culture strictement japonaise, de défendre ses droits face aux autres arts martiaux asiatiques, plus proches de la compétition et donc plus « prestigieux » même si cela ne dure qu'un temps.

Le débat devrait se jouer sur la définition à donner de l'Aïkido. Faut-il le conserver tel que nous l'a légué Morihei UESHIBA, le considérer tel que l'AIKIKAI le conçoit maintenant ou le prendre comme un art en mouvement, que ses successeurs reprennent et perfectionnent ? Il reste toujours un risque. Pour les deux premiers, c'est de laisser l'Aïkido se figer, et de se réfugier dans une recherche de pureté qui n'est souvent qu'une excuse pour un élitisme frileux. Pour le dernier, ce serait sans doute l'éparpillement de l'héritage, une corruption de l'Aïkido qui, rendu plus vulnérable à la tentation des sports et loisirs, y perdrait son unité et son sens. Il semblerait, heureusement, que nous en sommes loin.

Le point sur lequel il faut être intransigeant, les valeurs fondamentales de l'Aïkido : maîtrise de soi, respect, recherche d'harmonie avec l'autre, non-violence, recherche active de la paix dans un chemin à la fois individuel et collectif.

Il faut admettre que la deuxième solution semble alors la meilleure et qu'il est possible d'aller très loin en ce sens. Tout au long de sa vie, Morihei Ueshiba a fait évoluer l'Aïkido. Jamais il ne s'est arrêté, son travail accompli. Il a accepté, encouragé ses élèves à partir, sachant qu'ils développeraient chacun leur propre vision de l'Aïkido. Cette attitude accrédite l'idée que l'Aïkido est voué à évoluer, et qu'il est bon qu'il en existe de multiples reflets, selon la personnalité de chacun. Cette approche réaliste correspond à la dissémination mondiale de l'Aïkido !

Cette voie est particulièrement délicate. Les plus hauts techniciens actuels aont le devoir de rester modestes, comprenant qu'ils ne représentent qu'une des multiples facettes de la discipline AIKIDO. Ce qui reste très difficile quand on est amené à évaluer les progrès des cadets. D'experts qu'ils sont, ils doivent devenir des Sensei, capables de laisser leurs meilleurs élèves étudier chez un autre ou encore diffuser l'Aïkido selon leur propre ressenti.

Un art martial adapté au monde post-moderne ?

A quoi sert la pratique de l'Aïkido ?

Un aïkidoka réputé soulignait : « Il est peut utile de faire de l'Aïkido dans un but de self-défense ». Hormis certaines professions, cette probabilité d'appliquer l'Aïkido pour se défendre reste assez faible. Elle suppose que l'adversaire sait suivre les contraintes qu'on lui impose, c'est-à-dire qu'il est lui-même un pratiquant d'arts martiaux (c'est rare dans les échauffourées). Serait-ce une manière «intelligente» de faire du sport ? Le même expert combat cette idée, distinguant la pratique de l'Aïkido de celle du «budo sportif». Et pourquoi aller transpirer dans des dojos quand il est possible d'obtenir la même chose dans une salle de musculation, très tendance actuelle ? Quitte à transpirer «intelligent», mieux vaut faire du vélo pour voir du pays, ou faire de la danse.

Pourquoi pratiquer l'Aïkido ?

Quelles sont les raisons qui poussent les gens à choisir cette discipline ? Nombreux sont ceux qui y viennent, attirés par son aspect esthétique, le flou aussi de cette discipline peu médiatique, ou par le « c'est tout prêt de chez moi ! » ou « pourquoi pas, on dirait de la danse ! ».

Associer l'Aïkido à de la danse en énerve plus d'un, mais creusons le sujet. Contrairement à la majorité des sports de combat, l'Aïkido est un art de coopération, pas de confrontation. Or, la danse est la plus connue des activités physiques « coopératives », d'où le parallèle, qui de faux devient éclairant. La force de l'Aïkido, c'est la rupture fondamentale par rapport à la société où la compétition constitue un mode de sélection et où toutes les activités se font en termes de confrontation.

Dans un dojo d'aïkido, chacun à le devoir d'aider l'autre à progresser. Le progrès individuel profite à tous. La pratique de l'Aïkido impose une prise de conscience du type : « dans le déroulement de ma progression, je suis mis en face des conséquences de celle-ci sur tous les membres du club ». Rien de bien révolutionnaire, mais les fondements de valeurs comme le respect et la non-violence. Sa culture et son humanisme reconnus, plus complexes et profonds, s'enracinent dans une tradition très ancienne, celle de l'Asie Taoïste et Bouddhiste, du Japon Shinto, modelée par l'ouverture à la culture Occidentale et par les bouleversements du siècle passé.

ALORS, L'AIKIDO ?

Toute prophétie reste hasardeuse. L'Aïkido évolue selon sa « mondialisation ». Mais il reste fondamental que le sens profond de ses valeurs soit préservé. Le but fixé par le Fondateur pour son art est loin, très loin d'être réalisé. Tâchons donc de le faire dans la pratique, et en conscience.