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KARATEDO  : Art Martial d'origine japonaise consistant à utiliser dans un but défensif, les armes naturelles du corps humain.

 

Cette définition de notre art devrait figurer au fronton de tous les Dojos et faire partie intégrante de la première leçon de Karaté.

 

Cela éviterait à certains de confondre le Karaté et l'expression corporelle.

 

Selon une étude de J.P.LOUKA, Le Karaté européen (Français en particulier) est en totale dérive.

La faute en est à plus de vingt années d'orientation vers le ‘tout Karaté sportif ' celui ci ayant montré ses limites et ses insuffisances. Les compétiteurs ne travaillant plus que les techniques ‘qui sont comptées par les arbitres'.

On assiste ainsi à un délitement de la technique qui s'aggrave d'année en année.

 

En 1960, en France il y avait le Judo créé par le Maître KANO, (Dans chaque Dojo ou presque on pratiquait alors également le Jiu Jitsu et quelquefois la boxe française)   l'Aïkido créé par le Maître UESHIBA et le Karaté créé par le Maître FUNAKOSHI.

Peu de Kendo, et le TAEKWONDO commençait à montrer le bout de son nez.    C'était à peu près tout.  

 

Mais maintenant…

 

Actuellement, plus de 80 disciplines dites Martiales, de défense ou de combat seraient répertoriées.

 

L'explication ?    Des touches à tout comme on en connaît tous ont pratiqué un peu de judo, puis sont passés au Karaté, puis à l'Aïkido, puis convaincus qu'ils sont de grands Maîtres, ont créé leur technique.

 

Comment ?   Oh ! c'est simple et la recette est la même pour tous bien que chacun croit en être l'inventeur et le premier à l'appliquer :

On mélange un peu de tout : Deux doigts de Karaté, deux doigts de Judo, un doigt d'Aïkido, on secoue bien fort dans un shaker et on crie « Euréka ! J'ai inventé une nouvelle méthode. Un nouvel Art Martial. J'ai réalisé une synthèse des arts Martiaux.    (Retenez bien ce mot : Synthèse .)   Ils sont une bonne cinquantaine de mythomanes à l'employer et à baptiser leur ‘méthode' de noms à consonance asiatique, plus folkloriques les uns que les autres.

 

Tout cela sans oublier de se dire entraîneur de la police, de la gendarmerie ou de services de sécurité. Car   ‘Ca fait bien !'

 

Et on donne des leçons et on donne des conseils :

« Si on vous fait ceci vous faites cela. Si on vous agresse de telle façon, il faut faire comme cela. Et si on vous agresse avec un couteau il faut faire de telle façon. Si on vous menace d'un revolver ?… Rigolade ! Il suffit de mettre un coup de pied dans le revolver !  »

Et tous ces irresponsables de pérorer alors qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'être confronté à la réalité d'une véritable agression.

Ayant eu la chance de ne pas y être confrontés, ils ne savent pas comment le sang   ‘se glace' quand vous avez devant vous un voyou armé d'un couteau et qui n'a qu'une idée : Vous le mettre dans le ventre.

 

Je connais l'un de ces   ‘instructeurs en self défense ‘ qui, pris à partie par un automobiliste s'est sauvé en courant.  

J'en connais un autre qui, giflé par un type en public et devant ses élèves, était terrorisé et n'a même pas essayé de se défendre.  

Je suis certain qu'ils se reconnaîtront.

 

 

Mais pour passer de bons moments, j'ai aussi chez moi un livre de jiu jitsu self défense, pourtant paru chez un grand éditeur français,   écrit par un de ces phénomènes grand-maîtres, livre sur lequel il y a bien évidemment des défenses totalement farfelues contre des couteaux, mais également contre revolver et fusils.

 

Mais le summum de la rigolade est sans conteste le chapitre concernant les défenses contre les attaques de chiens et j'ai été littéralement fasciné   par trois d'entres elles.

 

Permettez-moi de vous les livrer, elles pourront vous servir :

 

Dans la première, il est expliqué qu'un chien n'attaque pas une personne qui se trouve au sol, à   ‘quatre pattes'.

Il est donc conseillé d'adopter cette position, car il est ainsi plus facile d'approcher le chien et de lui abîmer les pattes.

 

La seconde technique qui n'est pas mal non plus, consiste pour la personne attaquée par un chien, à mettre son chapeau dans sa bouche.

Ainsi le chien qui attaque généralement à la gorge ne mordra que le chapeau.

 

Mais la technique à laquelle je décerne le premier prix est celle qui consiste pour la personne attaquée par un chien (il est même précisé   ‘chien dangereux' ) à l'attraper par la queue et le soulever à bout de bras.

Il paraît que la douleur ainsi provoquée à la queue de l'animal lui enlève toute envie de mordre.

C'est formidable !   Même COLUCHE n'y avait pas pensé.

Et puis des chiens dangereux qui attaquent en reculant c'est courant.

 

Tous ces exemples, ( et bien d'autres ) qui peuvent nous faire passer de bons moments de rigolade nous démontrent néanmoins le nombre de fantaisistes, de clowns, de mythomanes, qui peuvent graviter dans le Monde des arts Martiaux.

Et par voie de conséquence, le nombre de personnes voulant apprendre à se défendre et qui se font berner, endormir, tromper par de tels zozos.

Si on ne peut reprocher à de tels individus de n'avoir jamais été confrontés à la réalité d'une agression, On peut leur reprocher de tromper leurs   ‘élèves' en leur montrant des techniques fantaisistes, leur faisant croire qu'ils sont ainsi prêts à répondre à toute agression.

Mais quelle surprise si par malheur cela leur arrive..

 

Mais on a aussi vu fleurir de nombreux nouveaux noms concernant le Karaté.   N'a t-on pas maintenant : le Karaté contact, le Karaté jutsu, le Karaté défense, le body Karaté, et même le Karaté artistique et le Karaté interne…

  Il est vrai que pour des   ‘enseignants' qui n'ont pas grand chose à enseigner, qui n'ont jamais suivi eux-mêmes une véritable formation technique avec des experts, il faut bien meubler.   

Alors là aussi, on mélange un peu, avec un zeste de différentes techniques, chinoises et autres.

Mais pourquoi aller chercher dans d'autres disciplines ce que nous avons dans le Karaté ? Car dans le Karaté, nous avons tout. Y compris la plus efficace des self-défenses.

 

En France, 90% des pratiquants et enseignants se sont malheureusement arrêtés à la pratique des tsukis, uchis et géris, ainsi qu'au Ippon Kumité.

Alors qu'au Japon, les techniques de luxations, d'étranglements et de projections font également partie du programme d'enseignement, tandis que les Gaeshi Ippon Kumité, Okuri Jyu Ippon et autres Happo-Kumité se travaillent systématiquement dès le Nidan ou Sandan acquis..

.

De même, avec les différents experts Japonais, j'ai toujours travaillé des applications de kata, réalistes, vraisemblables, efficaces, des applications appelées kata-kumité ou bunkaï, qui peuvent éventuellement être appliquées hors Dojo si nécessaire.

On assiste maintenant, chacun voulant inventer des applications de kata, à des bunkaï plus fantaisistes les uns que les autres.

Des bunkaï totalement inapplicables si l'adversaire, Oh pardon ! Je voulais dire le partenaire, l'assistant, ne se prête pas au jeu.

Ce n'est plus du Karaté, c'est une pièce de théâtre.

 

Ajoutons à cela qu'un simple 1 er Dan (qui ne connaît donc que ses bases et quelques katas, mais il en a le mérite ) peut passer un diplôme d'Etat et faire de l'enseignement du Karaté sa profession.

Mais pour enseigner quoi ?    Puisque selon la progression jalonnée par les Dans, il a à peine assimilé ses techniques et exercices de base.

Il est vrai qu'une certaine fédération de Karaté donne des diplômes d'enseignants à des ceintures marron… Et les mêmes donnent également des ceintures noires à des gamins de 14 ans…

Alors dans ces conditions, comment s'étonner que dans une grande majorité de clubs, il n'est plus pratiqué qu'une pale imitation de Karaté.

 

La première raison d'être du Karaté est l'efficacité.

Il n'y a donc pas de Karaté sans recherche d'efficacité.

Il ne peut donc y avoir qu'une seule façon de pratiquer le Karaté.

Même si chacun de nous dans sa pratique l'adapte pour en faire son propre Karaté. ( Nous n'avons pas tous la même morphologies ni le même tempérament ) Ce qui est à l'origine des différents styles .

De même, nous n'avons pas tous le même âge.

Mais il ne peut y avoir qu'une seule conception de l'art Martial et du Karatédo.

 

Personnellement, (mais je ne suis pas le seul, même si nous sommes une minorité) par des sacrifices qu'il est inutile de préciser, j'ai pu me perfectionner dans notre discipline et travailler sous la direction d'experts tels que M. PLEE,   SHIRAI, MIYAZAKI, ENOEDA, KANAZAWA et KASE. Ce dernier poussant   la gentillesse jusqu'à me prêter une chambre dans sa maison afin de faciliter ma venue en cours particuliers.

Puis il y a eu le Japon et, grâce aux recommandations de M. KASE , les cours à cette fameuse JKA, l'ancien Dojo, ce sanctuaire du Karaté dans une petite rue de Tokyo.

 

C'est ce Karaté que j'enseigne depuis maintenant plus de 40 ans. C'est avec ce Karaté que j'ai formé à ce jour plus de 300 ceintures noires et Professeurs.

 

J'ai lu, je ne me souviens plus sous la plume de quel auteur, qu'à partir d'un certain niveau, un enseignant en Karaté doit inventer de nouvelles techniques, de nouveaux exercices, afin écrivait-il, d'apporter sa pierre à l'édifice.

Je me contente de transmettre ce qui m'a été transmis par les experts Japonais, (Les Japonais ne changent rien aux règles de la boxe Française ou de la lutte gréco-romaine) sans rien y changer, tant dans la technique que dans la façon d'exécuter les Katas où dans les nombreux exercices conventionnels, traditionnels, soit une vingtaine de formes de Kumité.  

A mon sens, c'est ainsi que la transmission doit se faire si l'on ne veut pas que les futurs pratiquants se retrouvent un jour à pratiquer un   ‘Karaté à la Française ‘ forme de boxe Française en kimono.

 

Enfin, personnellement, lorsque je dirige un cours ou un stage de Karaté, j'ai la faiblesse de penser que si des Karatékas s'inscrivent à un stage de Karaté, c'est pour y pratiquer Le Karaté.

C'est pourquoi je n'enseigne que le Karaté. Mais le Karaté tel qu'il m'a été enseigné..

 

Alors continuons à pratiquer un Karaté traditionnel, un Karaté complet, un Karaté efficace, un Karaté Martial, enfin en clair, pratiquons tout simplement le KaratéDo.

Et laissons à ceux qui n'ont rien à enseigner et aux plaisantins, leurs synthèses vides, leur karaté truc et leur karaté machin.                                                                       

Marcel LANCINO

 

 

Zone de Texte: ASSOCIATION KARATE DO ET TAI JI MARTIAL  UNE APPROCHE MARTIALE DU KARATE DO ORIGINEL

 

Passage de l'étape SHU (1/2 Dan) à l'étape RI (3 Dan et au dessus)

 

Dans un cahier technique (Site akdtm Dec 2005), j'ai déjà évoqué les éléments techniques à mettre en place lors de ce passage !

•  Diminuer le temps de contraction musculaire

•  Juste utilisation de l'épaule

•  Hikité différents

•  Démarrer une technique de main à partir de sa position initiale

Allons plus en avant dans cette recherche ;

Il convient de noter que l'honnêteté et la sincérité dans la pratique sont nécessaires car il va falloir faire un effort mental particulier.

Ce n'est pas par hasard que cette deuxième étape se traduit par : Briser les chaînes !

Il a fallut en gros 6 à 7 ans de pratique pour atteindre le niveau de 2 eme Dan pendant lesquelles vous avez transpiré et consacré beaucoup d'effort afin de parfaire votre technique et maintenant, voila qu'on vous dit :

Bien, alors maintenant, oublie un peu tout cet entraînement et utilise ton corps de façon différente ????

Cela implique d'être capable de se remettre en question et d'abandonner les habitudes prises ;

Or, quoi de plus difficile que de se remettre en question ?

C'est sûrement une des causes pour laquelle nombres de karatékas ne font pas l'effort de passer à l'étape suivante ;

Ils préfèrent rester au niveau ou ils sont et parfaire les habitudes prises.....mais cela ne mène pas très loin.

Il est nécessaire de comprendre la nécessité de ce passage.

Un des problèmes que nous avons dans la pédagogie du karaté do est qu'un Maître doit transmettre des sensations internes !!!

Comment faire ?

Il n'y à que la parole ou des exercices physiques car l'externe est le moyen de perception le plus facile à utiliser.

Quoi de plus indéfinissable que l'énergie interne ?

  C'est la raison pour laquelle pratiquement toutes les méthodes de karaté do suivent une pédagogie qui part de l'externe pour passer à l'interne.mais ne vous arrêtez pas en chemin.

Je vais vous donner un exemple :

Dès les premières leçons de karaté do, on va vous apprendre à vous tenir en Zen-kutsu.

On ne peut dire que cette position soit franchement naturelle ;

En dehors de la position de jambe, au niveau du buste, on va insister pour qu'il soit bien vertical, la tête bien positionnée, le regard vers l'avant et le menton légèrement rentré.

Vous allez apprendre à effectuer les techniques en maintenant cette position de buste.

Or, cette position est celle qui permettra un jour à votre énergie de circuler ??

En tant que débutants, il est inutile de vous expliquer cela ;

Le Maître, lui, sait, et vous devez lui faire confiance.

Ce n'est que plus tard que vous comprendrez la véritable signification de l'importance des positions qui vous auront amenées à une compréhension interne.....et à ce moment,vous pourrez les abandonner car vous aurez acquis le principe !!!!!

Voici ce qu'on entend par passage de la mécanisation à l'intériorisation.

Revenons aux éléments techniques qui vont nous permettrent d'évoluer ;

1) Réduire le temps d'impact est facile à comprendre et se passe de commentaires.

2) Juste utilisation de l'épaule :

Dans un premier temps, vous allez utiliser votre articulation à travers la transformation de vos blocages et contre-attaques de base ;

Exemples : Effectuer tous les blocages de base du bras avant ( Gedan-baraï, jodan-uke, Uchi-uke,Soto-uke ) puis, contre-attaquez avec Gyaku-zuki mais, SANS reculer l'épaule du bras qui a effectué le blocage.

- Un partenaire vous sert de cible, mettez votre bras avant tendu en contact avec lui, effectuer gyaku-zuki en gardant le contact avec votre bras avant ;

Le gyaku doit toucher effectivement la cible.

Une fois compris l'idée, vous pourrez trouver de multiples exercices .

La suite de la progression vers l'interne sera la prise de conscience de l'omoplate et de sa participation dans les tsuki par exemple.

3) Hikité différents :

- Tenez-vous en hachiji-dachi, les bras le long du corps.

Effectuez tous les blocages en partant vers l'avant ou l'arrière avec votre bras gauche en laissant dans un premier temps le bras droit, ballant le long du corps.

- Dans un deuxième temps, effectuer les blocages mais en plaçant le bras droit plié ,en hikité à 45°.

- Dans un troisième temps, effectuez tous les blocages mais en plaçant le bras droit en l'air,tendu derrière la tête .

4) Démarrer une technique de la position initiale :

Observez bien ce que vous faites ou ce que font vos partenaires d'entraînement ;

La mécanisation vous a amené à prendre l'habitude de toujours démarrer les techniques de mains ou de poings en partant de la hanche, puisque vous mettiez systématiquement votre hikité à cet endroit.

Or, en combat, cette habitude n'est pas toujours logique, elle vous fait perdre du temps ;

•  tenez vous en hachiji-dachi, bras ballant le long du corps.

Faites tsuki jodan vers l'avant,en restant sur place, sans hikité, puis, tettsui uchi sur le coté droit ,directement, ensuite, passez en zen kutsu gauche vers la gauche et faites gyaku avec le même poing, le tout en veillant à démarrer la technique de la position initiale du poing ;

- Ce principe est mis en application dans de nombreux katas, identifiez ces passages.

- Appliquez ce principe lors de contre attaque en application combat.

Bon entraînement, au mois prochain.

Nous reprendrons ces sujets en photo

 

 

Stages GUY SAUVIN :



Calendrier des Goupes de Travail Saison 2007 - 2008 :
Cette année, nous allons essentiellement axer notre recherche technique dans les domaines suivants :
      - Intériorisation des techniques
      - Continuité dans la concentration interne ( Sanshin mental et énergétique )
      - Conscience du hara, moteur de toutes les techniques
      - Mise en application de ces principes en combat

Groupe de travail BLOIS : Dojo de Blois ou Romo de 15H à 17H
Samedi 24 novembre 2007 - Blois ( ou Romo vous sera confirmé par courier )
Samedi 26 janvier 2008 - Romo
Samedi 29 mars 2008 - Romo
Samedi 14 juin 2008 - Blois

Groupe de travail PARIS : Gymnase Alsace de Bagnolet de 10H à 12H
Dimanche 25 novembre 2007
Dimanche 27 janvier 2008
Dimanche 30 mars 2008
Dimanche 15 juin 2008

 

                    

                       Considérations générales concernant la progression proposée :

 

La prise de conscience de l'énergie interne en karaté do, passe par des exercices spécifiques, qu'il convient d'effectuer avec un état d'esprit particulier.

C'est la raison pour laquelle je préconise de dissocier pendant un certain temps les deux formes d'entraînement, même pour les hauts gradés car ils n'ont eu que très rarement des explications concernant ce sujet.

Continuer votre travail externe classique, toujours bien évidement en cherchant à évoluer et commencer à étudier le travail interne, sans chercher à faire de lien entre les deux.

A un moment donné, si vous vous entraînez correctement, la jonction entre l'externe et l'interne se fera naturellement.

Ne forcez rien !

 

- Observez bien le tableau joint qui à un double but :

   1) Vous montrer tous les domaines dans lesquels vous devrez progresser en karaté do, tant en interne qu'en externe ;

La progression en externe suit exactement l'ordre donné

Par contre, en interne, je vous donne un aperçu général, sans ordre d'apprentissage précis.

   2) Situer votre niveau en fonction des deux axes de recherche et personnaliser votre entraînement par rapport à votre vécu.

  Par exemple, un élève 5 eme dan est forcement bon en travail externe mais il débute peut être dans l'interne.

Grâce au tableau, il va pouvoir vérifier s'il a bien assimilé telle ou telle partie de l'entraînement   en externe.

Auquel cas, il saura quoi rechercher dans sa pratique.

  Il fera la même analyse en ce qui concerne l'interne : comment est son enracinement,

A-t-il ouvert tel point énergétique etc.

A la suite de ce double constat, il pourra mettre en place une méthodologie d'entraînement personnelle , évolutive et réfléchie.

La jonction entre les deux recherches se fera à un moment donné, après un laps de temps qu'il est impossible d'évaluer mais essayons de faire une projection sur le temps global de pratique effectué !

5 Dan correspond approximativement à 20 ans de pratique.

S'il met 3 ans pour intégrer les parties externe et interne, il lui aura fallut 23 ans en tout.

Un élève ceinture marron, vu son niveau,   va avoir un travail externe important à faire qui doit occuper la place prépondérante dans sa pratique.

    Par contre, s'il en a l'occasion auprès d'un professeur qualifié,   il va commencer l'interne assez tôt !

Les deux paramètres d'entraînement se rejoindront peut être un peu plus vite, peut être au bout d'une quinzaine d'années.

L'observation du tableau explique également comment la même technique, qu'on va répéter des années durant, devient complètement différente après ce temps d'entraînement et les principes acquis.

Prenons un exemple basique : oi-zuki.

- Une ceinture marron est forcément dans l'étape TAI, savoir mieux utiliser son corps par l'étude de la technique. Il va faire attention, lors de l'exécution du mouvement à ne pas monter sur ses appuis,   à synchroniser la poussée de la jambe arrière avec la frappe du bras pour additionner des   forces, à être stable au moment de l'impact etc.

Il est essentiellement dans l'aspect externe.

- Un pratiquant 3 eme Dan, par exemple, au fur et à mesure de sa progression et de la mise en place du travail interne, va commencer à intérioriser sa technique.

En plus des précédentes recherches, tous les petits mouvements intermédiaires ainsi que les sensations internes vont être analysées au cours de l'exécution.

  1) Il sent si la respiration est placée correctement !

Si c'est le cas, on ressent une boule d'énergie dans le ventre et au moment du déplacement, on a la sensation que cette boule rebondit à travers le pied avant pendant l'avancée et est projetée vers l'avant, un peu comme un ballon rebondirait au sol.

2) Pour ressentir cette sensation, techniquement, il faut avoir commencé à maîtriser le transfert de poids de corps.

3) Ensuite, le déclenchement de la frappe de poing se fait plus tôt car on maîtrise les appuis au sol, on gagne ainsi en vitesse d'exécution.

4) Le hikite   peut varier ! le bras pouvant même être tendu le long du corps, l'important étant qu'il soit décontracté et connecté avec le buste.

5)Si le pratiquant a commencé à intégrer la notion du yin et du yang, l'énergie de la technique est effectivement envoyée vers l'avant mais, en même temps,il y a une énergie qui part vers l'arrière et dans le sol par l'intermédiaire de la jambe d'appui ???

Cela parait   paradoxal puisqu'un des principes de base de l'efficacité du karaté do est     l'addition des forces !!!

Or, là, une force va vers l'avant et une vers l'arrière mais, en fonction du concept yin et yang, elles paraissent opposées mais   sont complémentaires et UN !

Ce sont toutes ces sensations profondes qu'il faut mettre en application dans les katas et ne pas se contenter d'une recherche superficielle, uniquement gestuelle où on va se polariser sur la position d'un petit doigt ou la hauteur d'un genou !  

Faîtes le compte :

- 5 principes supplémentaires différencient les deux oi-zuki !

Je n'irai pas plus loin pour cette fois,  

Il est très difficile de parler de ces choses par écrit, encore une fois, rien ne remplace la pratique mais j'espère que ces explications,même si elles paraissent quelque peu embrouillées ,vous amèneront à une recherche et à une réflexion personnelle.

 

 

Mon chemin

Karaté DO ?

DO ? La voie, le chemin ?

Donc, si nous prenons cet exemple, un chemin commence par un départ, on suit un itinéraire ponctué d'étapes et il faut avoir en vue un but !

Pendant cette longue route, on peut se perdre, s'égarer, se fatiguer et s'arrêter.

Comme je l'ai déjà expliqué, en ce qui me concerne, après 35 ans de pratique, je me suis trouvé dans une impasse et je ne voyais pas du tout vers quel but je devais me diriger ?

Comment progresser ?

Au niveau externe, c'est-à-dire technique et physique, je ne voyais pas .

Je me suis vraiment posé la question en ces termes :

Tu veux devenir le champion du monde des 75 ans ?

Cela ne me paraissait pas être ni vraiment intéressant, ni très réaliste !

Etant jeune, j'ai eu un but : devenir champion.

Plus tard, j'ai enseigné, essayé d'analyser très profondément chaque technique de karaté do mais ceci a une limite .Le corps décline, qu'on l'admette ou pas et le temps qui passe n'arrange pas les choses ;

Comment faire ?

Et puis, j'ai découvert le travail interne ;

Bien sur, depuis le début de ma pratique en 1962,j'avais de nombreuses fois entendu parlé de ki, de kime, que l'efficacité du karaté do résidait dans le ventre, mais aucun Maître japonais ne m'avait vraiment éclairé sur ce sujet,ni surtout , donné des exercices propres à développer ces principes ;

Et j'avoue, je n'avais jamais non plus envisagé la pratique du karaté do sous l'angle de la santé !!

Si le fait de travailler l'interne amène à vivre mieux et en bonne santé plus longtemps, alors la, oui, ça pouvait devenir un but ;

Je vais donc essayé de vous expliquer le chemin que je propose dans mon enseignement, en expliquant certains points au passage, pour une meilleure compréhension ;

Je me recommande de pratiquer un karaté do TRADITIONNEL ?

Mais ce terme est tellement galvaudé qu'il ne signifie plus grand-chose actuellement et surtout, il peut englober des idées tellement différentes que je voudrais vous donner ma compréhension de ce terme ;

J'ai eu la curiosité de regarder sur le dictionnaire quelle était la signification du terme TRADITIONNEL.

Voici les définitions données qui peuvent correspondre à ce que nous recherchons dans les Arts Martiaux :

1-Façon de faire, de penser, héritée du passé dans un groupe social ou professionnel.

2- Action, façon de transmettre un savoir, abstrait ou concret, de génération en génération, par la parole, l'écrit ou l'exemple.

Mais, lorsque nous donnons des cours de karaté do traditionnel, à quelle tradition faisons- nous référence ? 

- A la tradition japonaise, allant de 1920 à la dernière guerre, correspondant à l'entrée et au développement du karaté do au Japon

- A l'histoire des samouraïs, du Bushido. à la culture d'Okinawa.de la Chine.. du Zen.du théâtre No et pour chacune de ces composantes, à quelle époque, car, la tradition par essence même est fluctuante dans le temps !!!

Je distingue pour ma part, l'histoire du karaté do en trois grandes étapes :

•  Le karaté do japonais que je sépare en deux parties :

De 1922, date de l'arrivée en gros de Maître Funakoshi au japon à 1945

Puis de 1945 à nos jours

•  Les différentes écoles et styles d'Okinawa

•  Ce que j'appelle les systèmes chinois.

En fonction de ces étapes, à quelles traditions pouvons-nous nous référer ?

En ce qui concerne le karaté do japonais, je dirai en premier à la philosophie du Bushido qui influence tous les arts martiaux japonais, la philosophie japonaise en général, l'organisation et le système d'enseignement des « ryu »ect

Il existe quelques autres domaines mais je ne signale que les principaux ;

En ce qui concerne Okinawa, connaître l'histoire de cette île et plus précisément par rapports aux arts martiaux, comment fonctionnaient les différents styles, l'étude des katas anciens !

Les styles d'Okinawa mettent plus l'accent sur le travail énergétique à travers des formes de mouvements originelles qui diffèrent beaucoup par rapport au karaté do japonais actuels.

En ce qui concerne la chine, comprendre la notion de CHI ( énergie) qui est présente dans tous les domaines en chine (peinture, médecine, orientation et agencement des maisons ..) le yin et le yang qui vont influer énormément sur toutes les techniques , la philosophie générale des arts martiaux chinois ;

Plus généralement, nous nous appuierons aussi sur la pédagogie asiatique, complètement à l'inverse de la notre ;

Tout ceci peut être approfondi mais vous avez maintenant des repères plus précis et je l'espère, une notion plus exacte de ce que peut englober le terme karaté do traditionnel.

Revenons aux principes essentiels régissant le karaté do japonais ;

Tout est dit à travers les deux concepts fondamentaux : shin- ghi-tai et shu-ha-ri ;

J'ai déjà parlé de cela dans un cahier technique figurant dans mon site internet, je ne vais donc pas revenir dessus.

Je vais résumer le chemin que je propose à mes élèves de suivre, en fonction des explications fournies ;

Le but à atteindre, est que malgré l'age qui fait que le corps s'affaiblisse, on progresse encore en efficacité et on améliore sa santé grâce au travail interne ;

Le chemin à suivre est le suivant :

 

 

ETAPE

SIGNIFICATION

PROGRESSION TECHNIQUE

NIVEAU DAN

SHU

ETRE AVEC LE MAITRE

•  INTEGRER PHYSIQUEMENT L'ENSEIGNEMENT RECU

•  S'ATTACHER A LA FORME TECHNIQUE STRICTE DE SON ECOLE

1/2 DAN

HA

SUIVRE LE MAITRE

•  S'AFFRANCHIR DE LA FORME POUR PRIVILEGIER LE FOND

•  BRISER LES CHAINES FORGEES

3/4/5 DAN

RI

ALLER SON PROPRE CHEMIN

•  FRANCHIR LES BARRIERES QUAND L'ESPRIT S'OUVRE

•  S'AFFRANCHIR DES APPARENCES

6/7/8/9 DAN

MUSHIN

REVENIR A L'ESPRIT ORIGINEL

•  LA PERCEPTION FAIT PLACE A L'INTUITION

10 DAN

 

L'étape SHU est celle de la mécanisation

L'étape HA est celle de l'intériorisation.

L'étape RI est celle de la conscience sans conscience

(Je ne trouve pas d'autre terme pour expliquer ceci)

Chaque étape comporte une utilisation du corps différente mais surtout doit s'effectuer avec un état d'esprit différent.

Pour passer toutes ces étapes, il est nécessaire de travailler des exercices spécifiques et de suivre un ordre rigoureux dans la progression en n'essayant pas de brûler certaines d'entre elles ;

Dans ma prochaine intervention, je vous donnerai un exemple concret du passage du côté « mécanisation » au côté «  intériorisation » des techniques .