Chers Amis,

                                              La FEKAMT est en deuil :   Gilbert GRUSS n’est plus.

              Notre ami nous a quittés dans la nuit le samedi 1er octobre, sereinement,

dans son sommeil. Nos premières pensées vont à sa famille et surtout à sa femme Liliane

qui est à ses côtés depuis près d’un demi-siècle et qui l’a accompagné chaque seconde

dans sa lutte de plus d’un an contre un mal incontrôlable.

               Mon précédent courrier vous faisait part de la maladie de Gilbert GRUSS,

de nos espoirs de guérison mais également de nos craintes d’une issue fatale

qui malheureusement s’est imposée.

               Nous ne perdons pas qu’un Maître, un Guide, un Expert mondialement respecté,

un Pédagogue hors pair mais un AMI qui, à mes côtés est à l’origine de la FEKAMT, nous a donné le meilleur.

               Nul n’est besoin de rappeler son parcours martial débuté il y a près de 60 ans, passant par la compétition et le « graal » de champion du Monde en 1972, mais essentiellement tourné ensuite vers l’enseignement, le partage et surtout la recherche.

               Gilbert GRUSS vivait, respirait, pensait Karaté et Arts Martiaux en général,

son intelligence, sa maîtrise technique ont fait de lui une référence mondiale qui a su faire évoluer, sans le dévoyer, le karaté.

               Mais Gilbert était bien plus que çà et résumer sa vie à sa présence sur les tatamis

serait très réducteur.

               Notre Ami était avant tout un homme d’une droiture irréprochable, d’une éthique

sans faille, d’un humanisme peu commun avec une sensibilité à fleur de peau.

               Nous avons tous en tête le « fameux code moral du karatéka, le code moral du bushido », auquel beaucoup se réfèrent mais peu le suivent, Gilbert en était le gardien

et n’a jamais dévié de cette voie.

               Gilbert n’a, à aucun moment de sa vie, failli et son intransigeance morale lui a valu quelques déboires dans son ancienne fédération, sa liberté de pensée et d’agir n’avait pas

de limite ; pas de prix.

                Il n’a jamais cédé aux sirènes du pouvoir, jamais accepté aucune compromission.

                Gilbert GRUSS me manque déjà, nous manque déjà. 

                Pour moi, c’est 50 ans d’admiration quand je l’ai vu la première fois sur un tatami, 40 ans d’amitié dont 20 ans d’intimité.

                Jusqu’à son dernier souffle, il a probablement voulu continuer à nous montrer la voie en se battant sans relâche, sans se plaindre, contre ce dernier adversaire qui aura mis

plus d’un an à vaincre ce géant, cette légende, que l’on pensait éternel tant sa présence,

sur les tatamis au cours de très nombreux stages qu’il a animés à la FEKAMT

et ailleurs, en imposait.

                 Mais comme l’écrit le poète Vietnamien Nguyễn Công Trứ

dans « Essence d’être Mâle » :

                 « L’homme depuis des millénaires n’échappe pas à la mort.

Puisse son nom demeurer luisant aux firmaments et rentrer dans l’histoire

de l’humanité. »

                 Les vers ont été écrits pour Gilbert GRUSS dont l’image restera à jamais gravée

dans nos mémoires.

                 Il nous a ouvert la VOIE, sachons nous montrer digne de sa mémoire,

de son enseignement, de son humanité, en continuant d’essayer de poursuivre son œuvre.

                 Il est irremplaçable et aucun de nos amis experts ne songe à la remplacer mais chacun aura à cœur d’essayer de faire perdurer son enseignement.

                 Ses obsèques auront lieu la vendredi 7 octobre 2016, les hommages lui seront rendus lors d’une messe à 15 heures à THIONVILLE et je sais que vous aurez tous une pensée émue à cet instant.

Ils nous quittera physiquement ensuite en partant lors d’une crémation car il a fait le choix d’être incinéré.

                 Repose en Paix mon ami, notre ami, ton souvenir ne quittera jamais nos mémoires et guidera nos actions.

            Dr Gérard GARSON

                                                                                             Votre dévoué Président